Entreprises / Actions / OVHcloud / IPO / introduction en Bourse / Euronext / licorne / cloud
Entreprises / Actions
OVHcloud / IPO / introduction en Bourse / Euronext / licorne / cloud
OVHcloud alimente la cote des licornes françaises
La rentrée démarre fort sur Euronext Paris. Alors que le fonds Antin Infrastructure dévoilait vendredi sa fourchette indicative de prix dans une opération à 4 milliards d’euros, OVHcloud a annoncé hier l’approbation par l’Autorité des marchés financiers (AMF) de son document d’enregistrement, après avoir annoncé le dépôt de son dossier en juin dernier.
Le montant de l’opération est à l’image de la volonté de l’entreprise fondée à Roubaix en 1999 par Octave Klaba, né en Pologne et arrivé en France en 1989. Une forme de revanche contre le sort, OVHcloud ayant dû repousser son processus suite à l’incendie de l’un de ses centres de stockage de données à Strasbourg. Le numéro un européen de l’informatique dématérialisée (cloud), figurant dans le top 10 mondial, espère lever 400 millions d’euros à travers une émission d’actions nouvelles. Parallèlement, certaines actionnaires minoritaires pourraient céder des titres sur le marché secondaire, augmentant ainsi le flottant – les minoritaires sont principalement les fonds américains KKR et TowerBrook, qui ont acquis 20 % du capital en 2016, valorisant OVHcloud un peu plus d’un milliard d’euros, tandis que la famille Klaba – qui détient actuellement entre 75 % et 80 % du capital de la société – entend n’apporter que "quelques titres".
Ni Octave Klaba, fondateur et président, ni Michel Paulin, directeur général, n’ont voulu donner d’indication sur la capitalisation boursière qu’ils souhaitent atteindre pour OVHcloud. Ils n’ont ni confirmé, ni démenti le montant de 4 milliards d’euros évoqué par le Wall Street Journal le matin même. Les évaluations de plusieurs analystes financiers, comme ceux d’Invest Securities, tournent également autour de ce montant.
L’introduction en Bourse doit permettre de financer la croissance d’OVHcloud, à travers à la fois une campagne d’investissements ambitieuse et des acquisitions ciblées techniques ou pour acquérir des parts de marché. L’entreprise prévoit de maintenir ses capex récurrents (permettant le maintien du chiffre d’affaires d’une année sur l’autre) de 16 à 20% de son chiffre d’affaires en 2021 et en 2022 et ses capex de croissance entre 30 et 34 %. C’est pourquoi "OVHcloud ne versera pas de dividende dans un avenir visible. Nous réinvestirons tous nos cash-flows pour capter des parts de marché et accélérer notre croissance", précise Yann Leca, vice-président exécutif et directeur financier de la société.
Concrètement, OVHcloud veut porter la croissance organique annuelle de son chiffre d’affaires à 25 % à compter de 2025, sachant qu’il a progressé de 12 % en moyenne entre les exercices 2018 et 2021 (clos le 30 septembre) et qu’il devrait croître de 10 à 15 % au cours de l’exercice 2022. Une accélération réalisée grâce aux investissements dans les activités les plus porteuses du secteur, liées aux nouveaux usages du cloud – comme le cloud public, le "hosted private cloud", le déploiement de son offre Paas (Platform As A Service) et les solutions hybrides et multi-cloud. À l’international, la société veut insister sur l’Amérique du Nord et l’Asie, où elle est encore peu présente.
À plus court terme, OVHcloud prévoit un chiffre d’affaires 2021 compris entre 655 et 665 millions d’euros (intégrant l’impact de 28,1 millions lié à l’incendie) avec une marge d’Ebitda ajusté entre 38 % et 40 % (contre 42 % en 2020).
OVHcloud se veut être une alternative indépendante aux géants du cloud, tels qu’Amazon, Microsoft, Google, ou encore les acteurs chinois. "Nous sommes le seul acteur européen du cloud de taille, dans le top 10 mondial", indiquait hier Michel Paulin à l’occasion d’une conférence de presse. A l’heure où la surveillance des réseaux américaine, chinoise ou russe – qui peut aller jusqu’à l’ingérence – font régulièrement l’actualité, le directeur affirme que quatre éléments majeurs distinguent OVHcloud de ses concurrents : la souveraineté des données, l’absence de conflit d’intérêts ("nous n’utilisons pas les données des clients pour améliorer nos systèmes"), une tarification transparent et prévisible "alors que le coût du cloud explose", ainsi que des contrats ouverts, réversibles et transparents face au risque soulevé par les clients que "le cloud devienne une prison".
L’introduction en Bourse a mobilisé des grands noms de la banque d’investissement : BNP Paribas, Citigroup, JPMorgan et KKR Capital Markets (qui intervient plus rarement en France) interviennent en qualité de coordinateurs mondiaux et teneurs de livre, tandis que Credit Suisse, Goldman Sachs, Morgan Stanley et la Société Générale sont teneurs de livre associés.
La rentrée démarre fort sur Euronext Paris. Trois jours avant l’acceptation du projet d’OVHcloud, le fonds Antin Infrastructure dévoilait sa fourchette indicative de prix dans une opération à 4 milliards d’euros.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

