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transition numérique

Macro-économie / Taux / cloud / edge computing / SecNumCloud / Cédric O / Financement

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Le gouvernement français s'engage dans la bataille du cloud

Pour développer une souveraineté numérique à l'échelle nationale et européenne face aux géants américains qui monopolisent plus de la moitié du marché européen, la France a réuni près de 1,8 milliard d'euros.
Cédric O - Eric PIERMONT / AFP
Cédric O - Eric PIERMONT / AFP

En Europe, Amazon Web Services, Microsoft et Google se partagent 69 % du marché européen du cloud contre 2 % pour les premiers industriels européens (OVHcloud et Deutsche Telekom). Malgré ce constat alarmant, Cédric O, secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, estime que "la bataille du cloud n’est pas perdue". Il a d’ailleurs présenté mardi 2 novembre le volet de financement, concernant la stratégie cloud adoptée par le gouvernement, dans les locaux d’OVHcloud, vedette du secteur. Le budget s’élève au total à 1,791 milliard d’euros sur quatre ans, dont 667 millions d’euros d’argent public, 680 millions issus du privé et 444 millions financés par l’Union européenne. Les 667 millions d’euros apportés par les autorités publiques françaises sont issus du 4e Programme d’investissements d’avenir (PIA) et de France Relance. Une enveloppe de 553 millions d’euros est prévue sur 2021 et 2022, puis 134 millions sur les années suivantes.

Pour favoriser l’émergence de champions français et européens, est projeté de soutenir la recherche publique, créer des hubs de données par secteur et développer des offres de formations. Le soutien à la recherche publique s’établit à 56 millions d’euros dans le cadre du Programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR). L’enveloppe sera pilotée par le Commissariat à l’énergie atomique et l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique. Cet investissement a pour objectif de développer des "solutions innovantes de cloud hybrides" ou de "cloud communautaires'' et de "nouvelles solutions matérielles et logicielles de stockage et de traitement de données à proximité des utilisateurs". Pour le soutien à l’initiative publique, 23 projets choisis, après un appel de manifestation à intérêt, bénéficieront dans un premier temps du soutien de l’État pour un total de 421 millions d’euros et obtiendront 500 millions d’euros d’investissement privé. Le but de ce soutien est de doter l’Union européenne d’infrastructures et de services de cloud et d’edge computing (qui désigne la capacité à traiter des données de manière décentralisée et proche des usagers).

Pour la création de données mutualisées entre les acteurs des filières industrielles, 150 millions d’euros sont attribués. Plusieurs projets sont déjà en cours de développement, tels qu’Agdatahub. C’est une plateforme d’échange de données dans le secteur de l’agriculture. Pour aider les administrations à traiter des données sensibles seront développées des suites de travail collaboratives françaises. Les solutions créées devront être qualifiées "SecNumCloud". Certaines d'entre elles sont déjà labellisées, comme celles de OVHcloud, Oodrive, Outscale. Un appel à manifestation d’intérêt est organisé pour décembre 2021. S’il est concluant, un appel à projets sera lancé au premier trimestre 2022. Avec jusqu'à 50 millions d’euros à la clef. Enfin, 30 millions d’euros sont mis de côté pour la formation de personnel qualifié dont les entreprises ont besoin pour développer leurs services.

Sur un enjeu aussi stratégique que la souveraineté numérique, Cédric O estime que la France ne peut faire cavalier seul et doit s’appuyer sur l’Europe. C’est pourquoi il plaide pour la mise en place d’un équivalent européen du label "SecNumCloud" permettant de certifier les solutions souveraines. Ce label devra s’assurer que les solutions empêchent l’application du Cloud Act. Cette loi américaine permet à ses autorités d’ordonner la divulgation des données stockées par des entreprises américaines quelle que soit leur localisation. Ce qui remettrait en cause la confiance des utilisateurs du cloud européen, ainsi que sa souveraineté. C’est pourquoi la France défend "l’inscription du cloud dans les services soumis au Digital Market Act". Certains pays européens y sont opposés. La France, pendant sa présidence au Conseil de l’Union européenne, espère alors porter cette ambition.

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