Macro-économie / Taux / Fed / Powell / Jackson Hole
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Fed / Powell / Jackson Hole
Jerome Powell ménage le suspense
Ceux qui attendaient un calendrier clair en sont pour leurs frais. Au cours de son discours tenu dans le cadre du symposium de Jackson Hole, raout annuel des banquiers centraux, Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), s’est déclaré personnellement favorable - comme la majorité des membres du Comité de politique monétaire - à une réduction des achats nets d’actifs (120 milliards de dollars par mois) conduits par la Fed (tapering) dès cette année dans le cas où l’économie évoluerait comme attendu.
"Nous avons dit que nous poursuivrions nos achats d'actifs au rythme actuel jusqu'à ce que nous constations de nouveaux progrès substantiels vers nos objectifs d'emploi maximal et de stabilité des prix ", a rappelé le banquier central, qui a reconnu que les "progrès substantiels" avaient été accomplis concernant l’inflation, tandis que des "progrès évidents" ont été réalisés sur le front du marché du travail. En effet, pendant que l’inflation (la Fed surveille l’indice des dépenses de consommation personnelles – PCE Index) s’est établie bien au-dessus de 2 % au cours des derniers mois (la Banque centrale vise 2 % en moyenne au cours du temps), l’emploi, lui, demeurait en juillet 3,7 % en dessous de son niveau d’avant-crise, soit un déficit de 5,7 millions de postes.
D’où la volonté du grand argentier de ne pas donner d'indications plus limpides à propos de l’arrivée prochaine du tapering. Si l’Américain a concédé que "le mois qui vient de s'écouler a apporté de nouveaux progrès sous la forme d'un solide rapport sur l'emploi en juillet", il a pointé que cet été est également synonyme de "poursuite de la propagation du variant delta". "Nous évaluerons attentivement les données à venir et l'évolution des risques", a insisté Jerome Powell.
"S'il y avait vraiment une forte volonté de la part des membres du Comité de politique monétaire de donner le coup d'envoi de la réduction progressive des taux d'intérêt plus tard dans le mois, Powell aurait certainement laissé un signe plus fort au lieu de répéter ce qui figurait dans le compte rendu de la réunion de juillet", analyse Paul Ashworth, économiste chez Capital Economics, qui anticipe une annonce de tapering lors de la réunion de novembre. Un avis partagé par les économistes d'ING qui escomptent une réduction effective des achats nets d'actifs au mois de décembre.
Tapering et hausse du taux d'intérêt directeur ne vont pas de pair
Durant son discours, le banquier central en a profité pour se projeter au-delà du tapering et a tenté de rassurer en expliquant que "même après la fin de nos achats d'actifs, notre stock de titres de long terme continuera à générer des conditions financières accommodantes".
De plus, le président de la Fed a précisé que "le calendrier et le rythme de la réduction à venir des achats d'actifs n'auront pas pour but de transmettre un signal direct concernant le moment où viendra la hausse des taux d'intérêt". Une hausse qui répond logiquement à des critères significativement plus stricts que ceux du tapering, en ce sens que la Fed laissera le taux directeur à zéro jusqu'à ce que le marché du travail reflète "un niveau d'emploi maximal" et que "l'inflation atteigne 2 % et soit en voie de dépasser modérément 2 % pendant un certain temps". Or, "nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre l'emploi maximum, et le temps nous dira si nous avons atteint une inflation de 2 % sur une base durable", a résumé Jerome Powell.
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