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Sanofi met les bouchées doubles sur les acquisitions
Sanofi enchaîne. Après l’acquisition de Translate Bio début août notamment pour rattraper son retard sur le vaccin anti-Covid, le groupe pharmaceutique français a annoncé ce matin le lancement d’une offre amicale sur l’américain Kadmon pour 1,9 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros).
Sanofi proposera 9,50 dollars par action, ce qui représente une prime de 79% par rapport au cours de clôture de mardi (Kadmon cotait 5,30 dollars) et de 113% par rapport au cours moyen pondéré du titre au cours des 60 derniers jours. Un écart qui peut surprendre par son ampleur ; mais le titre avait été introduit sur le Nasdaq à 12 dollars en juillet 2016.
L’atout principal de Kadmon est le Rezurock : récemment approuvé par la FDA américaine, c’est "le premier médicament […] indiqué pour le traitement de la maladie chronique du greffon contre l’hôte (GVH) de l’adulte et de l’enfant à partir de 12 ans", explique Sanofi. Le Rezurock rejoindra son portefeuille Transplantation de son activité Médecine générale. Kadmon dispose par ailleurs de quelques autres actifs : des candidats-médicaments pour le traitement de maladies immunes et fibrotiques (caractérisés par un excès de matrice extracellulaire dans un organe ou les tissus, perturbant leur fonctionnement) et quelques médicaments en immuno-oncologie.
L’acquisition correspond à la nouvelle stratégie de Sanofi en médecine générale, activité totalement bouleversée par les fabricants de traitements génériques. "Nous transformons et simplifions notre activité Médecine générale et nous nous concentrons désormais sur des actifs clés différenciés, sur des marchés stratégiques", confirme dans un communiqué Olivier Charmeil, vice-président exécutif de cette activité chez Sanofi. Un recentrage vers les traitements générant potentiellement le plus de marge. Olivier Charmeil qualifie le Rezurock de "joyau"
Sanofi n’a fourni aucune estimation des revenus que cet actif pourrait générer. Un montant de 700 millions de dollars circule – un traitement est qualifié de "blockbuster" lorsqu’il atteint le milliard. Ce qui suscite des interrogations sur son potentiel vis-à-vis le prix que le laboratoire français, conseillé dans cette opération par la banque d’affaires Centerview et le cabinet d’avocats Weil Gotshal & Manges, est prêt à payer. "Nous supposons que l’estimation maximale de 700 millions de chiffre d’affaires pour le Rezurock aidera l’entreprise à stabiliser les ventes de l’activité Médecine générale d’ici à 2025. Mais en tant que tel, l’acquisition de Kadmon n’est pas la plus enthousiasmante qui soit aux yeux des investisseurs, à moins que Sanofi soit en mesure de convaincre les marchés que le Rezurock a davantage à offrir que ce qui est envisagé actuellement (par exemple dans d’autres maladies fibrotiques)", expliquent les analystes d’UBS. En outre, Sanofi a attendu l’aval de la FDA sur ce traitement pour négocier une offre sur Kadmon. "L'acquisition 'dé-risquée' se paye donc nettement plus cher", remarque ainsi le courtier Oddo-BHF.
D’ailleurs, l’action Sanofi chutait de 2,5% peu après la séance, à 84,76 euros. Le laboratoire veut séduire les investisseurs en menant des acquisitions. Ces derniers temps, il a repris le contrôle total de projets dont il était partie prenante et réduit ses partenariats – dont la multiplicité lui avait été reprochée par le passé par certains professionnels de marché. L’acquisition de Translate Bio pour 2,7 milliards d’euros va dans ce sens. Avec Kadmon, l’idée est de présenter une equity story de croissance dans des actifs ciblés et porteur de croissance. "La deuxième grande préoccupation des investisseurs concernant Sanofi, en dehors du résultat de la phase 3 de l’étude AMEERA relative au cancer du sein attendu dans les mois à venir, est de savoir si le pipeline du groupe est par ailleurs suffisamment étoffé pour justifier l’intérêt sur le titre, confirme UBS, pour qui plus que les deux dernières acquisitions, "des projets de pipelines entièrement nouveaux seront probablement les facteurs principaux d’un changement d’opinion des investisseurs pour l’instant" à l’égard de Sanofi.
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