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Le virage électrique n'est pas neutre pour l'emploi dans l'automobile

Renault a annoncé des conséquences importantes sur ses effectifs en raison de l’électrification de ses gammes. Des négociations en vue de conclure un accord social triennal (2022-2024) se sont ouvertes jeudi dernier entre la direction et les organisations syndicales représentatives.
Renault Megane E-tech - Tobias SCHWARZ / AFP
Renault Megane E-tech - Tobias SCHWARZ / AFP

L'électrification, tendance lourde de l'industrie automobile, a des conséquences importantes en termes d'emploi, en réallouant les compétences vers les nouveaux besoins tout en rendant obsolètes d'autres fonctions. En témoignent les annonces de Renault la semaine dernière.

Le constructeur français a ainsi annoncé la suppression prochaine de 2000 emplois au sein de ses activités d'ingénierie et de support, qui viennent s'ajouter aux 4 600 suppressions de postes déjà annoncées en 2020. Mais dans le même temps, il va réorganiser ses activités industrielles et de R&D et localiser en France ses technologies d’avenir. Ce projet devrait permettre 2 500 recrutements et 10 000 formations et reconversions. Il compense donc les suppressions de postes en permettant 500 créations nettes d’emplois. Plusieurs séances de négociations sont prévues dans les prochaines semaines à cet effet.

Toutefois, cette restructuration soulève des interrogations. D’après Mariette Rih, déléguée FO, "on ne sait pas encore comment seront réalisés les départs", a-t-elle précisé à l'AFP, en souhaitant qu'il n'y ait "aucun départ contraint". Mais "les annonces faites vont dans le bon sens" pour "l'empreinte industrielle de Renault en France", a-t-elle estimé. Le syndicat CFDT, lui, prévient qu'il "n'acceptera aucun licenciement sec". "Le projet présenté est ambitieux, c'est positif", mais "le point noir, c'est l'ingénierie avec de nouvelles suppressions de postes", regrette Jean-François Nanda, délégué CFDT, interrogé par l'agence de presse.

Renault a annoncé la production de neuf nouveaux véhicules, essentiellement électriques, à l’horizon 2025. D’après ses prévisions, d’ici 2030, 90 % des ventes devraient se réaliser pour des véhicules électriques. De ce fait, le groupe devrait installer plus de 5 000 parcours de formation et de reconversion pour le développement des compétences des salariés de ses usines vers la nouvelle chaîne de valeur de l’industrie automobile. Renault espère ainsi faire de la France le centre stratégique et industriel de ses activités porteuses d’avenir, permettant de renforcer le groupe dans son pays d’origine. 



 

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