Entreprises / Actions / Renault / Automobile / Avtovaz / électrique / mobilité / Mobilize
Entreprises / Actions
Renault / Automobile / Avtovaz / électrique / mobilité / Mobilize
Renault pourrait financer sa croissance en valorisant son pôle électrique
Les choses se précisent pour les activités électriques de Renault. A l’occasion d’une réunion avec les analystes qui s’est tenue le 31 mars dernier, le constructeur automobile français a indiqué qu’il étudiait la possibilité de regrouper ses actifs dans les véhicules électriques pour les introduire en Bourse, témoignent plusieurs analystes.
Le groupe avait déjà confié son intention de réorganiser ses activités en fonction des types de motorisation en février dernier, à l’occasion de la publication de ses comptes annuels. Pour atteindre son objectif d’électrifier la totalité des véhicules particuliers de la marque Renault vendus en Europe en 2030 (sachant que le groupe possède également les marques Dacia, Alpine et, pour l’instant, le russe AvtoVAZ), le groupe indiquait qu’il envisageait "de rassembler ses activités et technologies 100% électriques au sein d’une entité spécifique en France en vue d’en accélérer la croissance", tandis que leurs équivalents thermiques (moteurs et transmissions) établies hors de France seraient également regroupés dans une "entité spécifique".
La probabilité que ce scénario se réalise s’est amplifiée. Selon les informations fournies la semaine dernière aux analystes par le directeur général Luca de Meo et le directeur financier Thierry Pieton, la direction n’est pas satisfaite du niveau actuel de l’action Renault (elle cotait légèrement au-dessus des 22 euros hier pour une capitalisation famélique de 6,25 milliards d'euros) et poursuit ses travaux. En l’état actuel du projet, une entité – identifiée pour l’heure par le nom d'"Ampère" – regrouperait les véhicules électriques, les véhicules connectés et la filiale d’autopartage Mobilize et pourrait être introduite en Bourse en 2023. Les actifs thermiques hérités du passé ("Horse"), pourraient, eux, faire l’objet d’un rapprochement avec un partenaire extérieur.
Chute du marché européen
La stratégie suivie par Renault peut être une solution si son cours de Bourse continue à stagner dans les tréfonds de la cote. En l’absence de l’espoir en une résolution rapide de la guerre en Ukraine, donc des tensions géopolitiques et économiques entre la Russie et les pays occidentaux, la perspective de voir l’action du groupe au losange rebondir s’éloigne – elle a perdu 43% de sa valeur depuis le début de l’invasion, sachant qu'elle tutoyait les 100 euros en 2018...
La Russie est en effet le deuxième marché de Renault en volume après la France et représente 18% de ses ventes toutes marques confondues. AvtoVAZ, dont le capital est détenu à 68% par Renault, a réalisé en 2021 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et dégagé 250 millions d’euros de bénéfice opérationnel (soit 8% de celui du groupe). La crise a conduit Renault à passer une dépréciation de 2,2 milliards d’euros dans ses comptes et à envisager l’abandon complet d’AvtoVAZ.
Pour ne rien arranger, les conditions du marché européen sont mauvaises, pour tous les constructeurs, en raison des pénuries de composants, des goulots d’étranglement logistiques et de l’explosion des prix du carburant : en France par exemple, les immatriculations ont atteint au premier trimestre leur niveau le plus faible depuis… 40 ans en raison d’une chute de 20%, tandis que le Royaume-Uni, après une croissance en janvier et février, a enregistré son pire mois de mars depuis 1998.
Vu le contexte, Renault a donc toutes les raisons d’accélérer sa réflexion. La stratégie étudiée fait d’ailleurs penser à celles de nombreux producteurs d’électricité qui ont séparé leurs activités renouvelables de leurs activités conventionnelles, à l’image de l’allemand E.ON, ou envisagent de le faire.
Mais cette perspective n'a pas séduit les investisseurs face aux défis que doit relever Renault à plus court terme : l'action Renault a perdu près de 4% hier et plus de 6% mardi.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

