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Renault phosphore sur l’électrique
Renault peut-il rester longtemps la plus petite capitalisation boursière du CAC 40 ? La question de la faiblesse de la valorisation du constructeur automobile historique national s’est logiquement posée lors de son assemblée générale des actionnaires qui se tenait cette semaine. "Les niveaux actuels du cours de l'action ne reflètent ni les fondamentaux du groupe, ni la force de l'alliance [avec Nissan et Mitsubishi], ni la robustesse de notre stratégie, ni les progrès accomplis", a affirmé Jean-Dominique Senard, le président du groupe au losange, qui s'exprimait à cette occasion. "La valorisation ne reflète pas la réalité", a abondé Luca De Meo, directeur général du groupe depuis juillet 2020.
En Bourse, Renault vaut seulement 7,5 milliards d’euros. C’est davantage, certes, que les 5,3 milliards d’euros touchés au début de l'année 2020 lors de l’annonce des premières pertes du constructeur depuis 10 ans, mais peu comparé aux 43 milliards d’euros du concurrent Stellantis, également coté à Paris. Sans parler des 730 milliards de dollars (680 milliards d’euros) de capitalisation de Tesla, le constructeur star américain de véhicules électriques.
La scission électrique-thermique "avance"
L’enjeu de l’électrique et les ambitions du constructeur français dans ce domaine ont justement été longuement évoqués devant les actionnaires. Les études menées par le groupe sur la possibilité de rassembler les activités consacrées aux véhicules électriques dans une entité spécifique en France, et de créer de façon symétrique une entité dédiée aux véhicules à moteurs thermiques et hybrides, "avancent très bien, elles confirment déjà le fort potentiel de l’opération et suscitent beaucoup de motivation au sein du groupe et du management", a déclaré Luca De Meo.
Le groupe avait présenté en février un projet de séparation entre ses activités électriques, basées en France, qui pourraient être introduites en Bourse, et celles spécialisées dans les motorisations essence, diesel et hybrides, qui seraient basées à l’étranger. "Pour l’heure toutes les options restent sur la table. Nous serons en mesure d’en dire plus lors du Capital Market Day de cet automne", a précisé le dirigeant. Tandis que le groupe étudie les contours de la future entité spécifique et la façon de valoriser au mieux ses activités, ses efforts pour développer ses capacités industrielles se poursuivent afin de "faire de Renault une marque 100% électrique en Europe dès 2030", a rappelé Luca De Meo.
Très forte dynamique de l'alliance
Grâce à l’alliance avec Nissan et Mitsubishi, la très faible capitalisation boursière du groupe ne le freine pas dans ses investissements électriques. Si le partenariat franco-japonais a connu un sérieux moment de flottement au moment de "l’affaire Ghosn", il fonctionne désormais à plein régime. "La dynamique de l’alliance n’a jamais été aussi forte et le nombre de projets opérationnels communs n'a jamais été aussi important en valeur potentielle créée", a ainsi souligné Jean-Dominique Senard à l’assemblée.
L’apport de l’alliance est clé dans les ambitions électriques de ses membres, qui ont mutualisé leur stratégie d’électrification. Renault, Nissan et Mitsubishi ont ainsi prévu 23 milliards d'euros d'investissements en commun dans les cinq prochaines années, en plus des 10 milliards d'euros déjà investis, et il est prévu au total, toutes les marques de l’alliance confondues, le lancement de 35 véhicules entièrement électriques d'ici la fin de la décennie.
Marges à deux chiffres
Au delà de l'électrique, de fortes attentes reposent sur le basculement du modèle économique du groupe vers la technologie et la mobilité au sens large. Les propos tenus par les dirigeants lors de l'assemblée générale sur Mobilize, la nouvelle marque qui réunit les activités en matière de solutions de mobilité, d’énergie et de données, méritaient donc l’attention. "Nous voulons faire en sorte que les services de mobilité et énergie représentent au moins de 20 % du chiffre d'affaires du groupe en 2030", a rappelé Luca De Meo, en insistant sur le fait qu’il s’agissait de "20% de chiffre d’affaires sur des activités ou nous pouvons espérer des marges à deux chiffres". Un tournant structurel en termes de modèle économique, qui pourrait également contribuer à résoudre l’équation boursière de l’entreprise. L’exemple Tesla montre qu’un constructeur automobile a tout intérêt à devenir une véritable entreprise de la Tech pour être mieux valorisé.
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