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Renault / Avtovaz / Ukraine / Russie

ukraine Renault et le dilemme russe

UKRAINE. La crise ukrainienne provoque un premier profit warning d’une entreprise française. La victime n’est guère surprenante : il s’agit de Renault, pour qui la Russie représente le deuxième marché après la France.
Lada, AvtoVAZ, Renault
Lada, AvtoVAZ, Renault

En raison des sanctions internationales dont fait l’objet la Russie depuis qu’elle a envahi l’Ukraine, Renault a annoncé hier soir la suspension immédiate de son activité industrielle et qu’il étudiait "toutes les options possibles concernant sa participation dans AvtoVAZ, tout en agissant de manière responsable envers ses 45 000 salariés en Russie".

Le coup est difficile à encaisser. Le groupe au losange a beaucoup investi et peiné pour redresser AvtoVAZ depuis son entrée au capital en 2007 avec le soutien de Vladimir Poutine. Après quatre années de pertes cumulées supérieures à deux milliards d’euros et une recapitalisation de 1,3 milliard bouclée en 2018, la filiale est sortie du rouge la même année. Renault commençait ainsi tout juste à tirer les fruits du redressement de sa filiale.

Renault, via ses différentes marques, a vendu au total 480 000 véhicules (soit 18% de l’ensemble du groupe) et occupe une part de marché de 29%. Une performance qu’il doit en particulier à AvtoVAZ, dont il détient 68% du capital. Le constructeur russe, à travers sa marque Lada, représente à lui seul 21% des immatriculations en Russie (avec 350 000 voitures). Il a également dégagé 250 millions de résultat opérationnel en 2021, pour un chiffre d’affaires de 2,8 milliards. Renault dispose également d’une usine en propre, qui a produit 95 000 Renault Captur et Dacia Duster l’année dernière.

Une dépréciation de 2,2 milliards d’euros

La position du groupe au losange est très inconfortable : il subit la pression internationale pour ne pas alimenter l’économie russe en cette période de guerre, mais aussi celles du pouvoir russe, qui a laissé planer la menace de nationaliser les actifs des entreprises étrangères qui cesseraient leur activité. L’Etat n’est d’ailleurs pas loin : l’autre actionnaire d’AvtoVAZ est Rostec, un conglomérat public industriel et militaire dirigé par un oligarque.

Dans l’attente de prendre – ou d’être victime – d’une décision finale, Renault passera une charge de 2,2 milliards d’euros dans les comptes du premier semestre 2022, correspondant "à la valeur des immobilisations incorporelles, corporelles et goodwill consolidés du groupe en Russie".

La situation l’oblige également à dégrader ses prévisions pour l’exercice 2022 : il anticipe désormais une marge opérationnelle d’environ 3% (contre d’au moins 4% précédemment) et un free cash-flow opérationnel de ses activités automobiles positif (contre d’au moins un milliard d’euros).

L’annonce de Renault n’a pourtant pas bouleversé les marchés aujourd’hui : l’action est restée quasiment stable, tant la décision était intégrée de longue date par les investisseurs. Il faut signaler qu’elle a déjà lourdement chuté, perdant 38% de sa valeur depuis le 16 février, alors que les tensions entre l’Occident et la Russie atteignaient leur paroxysme, et de 25% depuis l’invasion de l’Ukraine.

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