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Société Générale / Banque de détail / réseau / Crédit du Nord
La Société Générale marie proximité et autonomie dans sa banque de détail
Un peu plus d’un an après avoir annoncé son intention de fusionner ses réseaux Société Générale et Crédit du Nord, la Société Générale a détaillé son plan pour son activité de banque de détail, qui revendique 10 millions de clients en France. Baptisé "Vision 2025", il a vocation à "créer une nouvelle banque de détail en France, plus efficace et plus rentable", comme l’a indiqué hier Sébastien Proto, directeur général adjoint en charge des réseaux.
En banque de détail, la Société Générale n’a ni l’envergure internationale de BNP Paribas (acteur plus petit dans l’Hexagone mais qui pèse lourd en Belgique et en Italie, deux des principaux marchés d’Europe continentale), ni l’intensité relationnelle que les établissements mutualistes (Crédit Agricole, Crédit Mutuel, BPCE) ont réussi à créer sur le territoire français. La pression concurrentielle, les bouleversements provoqués par la digitalisation de la relation bancaire, la faiblesse persistante des taux qui rogne sur les revenus des banques et la pression réglementaire ont donc poussé la Société Générale à revoir en profondeur son organisation.
Face à ces défis, les notions d’économie et de rationalisation sont évidemment centrales. Par un effet de regroupement, le nombre total d’agences, réseaux Société Générale et Crédit du Nord confondus, passera de 2 100 fin 2020 à 1 450 en 2025. Une cure d’amaigrissement qui passera par la suppression de 3 700 postes nets, "sans aucun départ contraint", insiste le groupe. Environ 1 500 viendront des départs naturels, tandis que des reclassements et mobilités internes devraient composer le reste. Les suppressions s’étaleront entre 2023 et 2025. Concernant les organes de direction, il ne restera qu’un seul siège.
Sébastien Proto insiste sur la notion de "fusion" entre les réseaux. "Ce n’est pas l’un qui absorbe l’autre ; Crédit du Nord ne disparaît pas", même s’il ne compte que 1,8 million de clients par rapport aux huit et quelques du réseau rouge et noir. Le groupe explique vouloir faire bénéficier à ses clients le meilleur des deux mondes. Les deux réseaux sont en effet assez complémentaires. Par exemple, les clients entreprises du Crédit du Nord auront un meilleur accès à la capacité de financement et au réseau international de la Société Générale, ainsi qu’à des services numériques étendus. Les clients professionnels de la SocGen bénéficieront d’un conseiller unique, couvrant aussi leurs besoins privés. Le nouveau réseau, qui "ne quittera aucune ville" promet Sébastien Proto, proposera notamment davantage d’agences ouvertures le lundi et à l’heure du déjeuner en semaine.
La fusion s’accompagne d’une réorganisation, qui se rapproche, dans une certaine mesure, de celle d’une banque mutualiste. Le futur réseau sera organisé en 11 régions, dont les sièges bénéficieront d’une autonomie et de compétences élargies : en ressources humaines, en organisation, en communication, mais aussi à travers une prise de décision plus réactive vis-à-vis des demandes des clients – répondre plus rapidement et de manière plus adaptée étant la meilleure façon de conserver ses clients… Le Crédit du Nord dispose en son sein de marques régionales reconnues. Les plus fortes seront conservées et ainsi "rayonneront sur un fonds de commerce plus large" : c’est le cas du Crédit du Nord lui-même, des banques Tarneaud (basée à Limoges), Courtois (Toulouse) et Laydernier (en Savoie), ainsi que de la Société marseillaise de crédit.
La Société Générale a confirmé le coût de la refonte : entre 700 et 800 millions d’euros. Ce projet complétera la réorganisation du groupe, après le redéploiement de ses activités de banque de financement et d'investissement.
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