Macro-économie / Taux / Plan de relance / France Relance / Comité Coeuré / MaPrimeRénov' / 1 jeune 1 solution
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Plan de relance / France Relance / Comité Coeuré / MaPrimeRénov' / 1 jeune 1 solution
Plan France Relance : la rapidité a prévalu à l'efficacité
Plus d'un après que le Président de la République a évoqué le plan France Relance, le comité chargé de l'évaluer, dirigé par l'ancien membre du directoire de la BCE Benoît Cœuré, a rendu son premier rapport. Le plan doté de 100 milliards d’euros possède des objectifs de court, moyen et long termes. Le court terme vise une prompte relance de l'ensemble des secteurs de l'économie avec une baisse du chômage. Aux horizons moyen et long termes, ce plan doit préparer la France aux défis de demain en soutenant sa compétitivité. Cinq dispositifs ont été analysés et proviennent des trois volets du plan : écologie, compétitivité et cohésion.
Tout d’abord, le comité relève que les objectifs macroéconomiques sont en passe d’être atteints. La croissance française est estimée à 6,25 % pour l’année 2021, permettant à l’activité économique de retrouver son niveau de 2019. L’emploi salarié a dépassé son niveau d’avant-crise dès le deuxième trimestre 2021, tandis que le chômage a reculé à 7,6 % au troisième trimestre. Cependant, il est difficile de distinguer les effets des mesures d’urgence de celles du plan de relance. Par ailleurs, le comité avertit le gouvernement que les objectifs de court terme doivent être certes atteints, mais sans négliger ceux de plus long terme. Fin août 2021, 47 milliards d’euros ont été engagés et 29 milliards décaissés.
Pour diminuer le nombre de logements considérés comme des passoires thermiques, 2 milliards d'euros ont été alloués à MaPrimeRénov’ pour la période 2021 et 2022. Ce dispositif ne contient qu’un seul objectif quantitatif : 400 000 demandes doivent être validées en 2021 et 700 000 en 2022. L'objectif pour 2021 est largement atteint. Cependant, aucun objectif quantitatif n’est défini en termes de baisse des émissions de gaz à effet de serre ou de la consommation d’énergie des logements. Le gain énergétique relatif aux travaux validés durant le premier semestre 2021 est estimé à 1,7 TWh par an. Ce montant représente 0,4 % de la consommation énergétique des résidences principales en France en 2019. C’est maigre. En effet, le dispositif soutient essentiellement des rénovations mono gestes, à raison de 86 % des travaux soutenus. Ce ne sont pas les plus efficaces pour réduire l’énergie consommée par un logement. Un dispositif de soutien à la rénovation énergétique des bâtiments publics a également été mis en place avec une enveloppe de 4 milliards d’euros pour la période 2021 à 2022. Il en ressort que la célérité d’engagement et de livraison des travaux a prévalu sur les autres critères de sélection des projets, comme la performance environnementale globale.
Pour soutenir l’investissement industriel, deux dispositifs ont été mis en place : le soutien à l’investissement et à la modernisation de l’industrie et le guichet industrie du futur. Pour le premier, 2,45 milliards d’euros ont été alloués. Pour l’instant 2 179 bénéficiaires ont été dénombrés pour un total de 1,7 milliard d’euros de subventions. Les bénéficiaires se disent satisfaits de cette mesure. Cependant, le comité Cœuré souligne que l’obtention de la subvention pourrait correspondre à un effet d’aubaine. Le second est doté de 0,9 milliard d’euros et consiste à subventionner les PME et ETI pour les moderniser et les transformer vers l’industrie du futur. Cependant, 68 % des subventions versées correspondent à l’achat de machines programmables ou numériques. Ainsi, elles ont davantage financé la modernisation de production des entreprises plutôt qu’un réel passage à l’industrie du futur. Il est clair ici que ces deux dispositifs ont plutôt privilégié la relance à court terme qu’une transformation structurelle de l’industrie française.
Pour mieux inclure la jeunesse française dans le marché du travail, le plan "1 jeune 1 solution" a été lancé. Sur la période 2020-2022, 10,4 milliards d’euros y ont été alloués. À la fin septembre 2021, 450 000 embauches et 850 000 entrées en alternance ont été décomptées. Cependant, il reste délicat d’établir un lien entre ces bons chiffres et les seules mesures du plan. Par ailleurs, le comité souligne le fait que la montée en charge rapide des dispositifs d’accompagnement risquerait de dégrader la qualité des parcours et de limiter ainsi leurs effets pour leurs bénéficiaires à moyen terme.
In fine, il ressort de ce rapport d’une part qu’il est difficile de distinguer l’impact des mesures d’urgence du plan de relance, d’autre part que l’État dans sa volonté de faire vite a négligé l’efficacité des dispositifs. Les conditions des mesures de soutien ne visent pas les objectifs qu’elles souhaitent atteindre.
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