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France Relance bientôt à bon port / Son comité de suivi se montre satisfait de sa vitesse de déploiement
Le comité de suivi du plan France Relance (100 milliards d'euros) n’a plus personne à la barre depuis cet été, et le départ de Laurence Boone, cela ne l’a pas empêché de publier son rapport annuel qui reste très (trop) largement dans l’expectative. Il argue effectivement qu’actuellement "le recul est aujourd’hui insuffisant pour mener une évaluation complète : les dispositifs ne sont pas encore pleinement déployés (hydrogène décarboné) ou bien ils sont déployés mais les investissements ne sont pas achevés (décarbonation de l’industrie, rénovation des bâtiments des collectivités locales) ; ou bien les données ne sont pas disponibles (baisse des impôts de production) ou elles sont encore partielles ". D'autant plus que le contexte macroéconomique a bien évolué et rend le travail du comité bien plus ardu.
Une seule certitude existe donc : l’argent a bel et bien été décaissé et a commencé à être utilisé tous azimuts. Une belle réussite aux yeux du rapport, puisqu’à la fin du mois d’août 2022, le taux d’engagement du plan de relance s’élevait à 89 %, " pour un objectif de 100 % à fin 2022, et le taux de décaissement est de 62 %". Les différences d’exécution entre les piliers du plan sont jugées "modérées ".
Déjà scruté à la loupe
Le comité de suivi rappelle néanmoins qu’il avait préconisé, l’an passé, de faire attention à ne pas trop privilégier que cet "impératif de rapidité [ne] se fasse au détriment de l’efficience des projets, notamment au regard des objectifs climatiques ". Il revient sur cet avertissement et avance que " les analyses menées cette année, qui restent à confirmer, tendent à relativiser cette crainte" sur une partie des projets déployés.
Des conclusions sont apportées sur l’efficience de plusieurs dispositifs mis en place ; notamment pour les impôts de production dont la baisse " a été bienvenue pour la trésorerie des entreprises, dans une période économique difficile, d’abord en raison des restrictions liées au Covid-19, puis à l’envolée des prix de l’énergie".
Sur la question des véhicules dit "propres", une forte progression est saluée tout en n’attribuant pas toutes les louanges à France Relance. L’amélioration de la situation étant d’une part antérieur à la mise en place du mécanisme et d’autre part "des freins subsistent, notamment sur la disponibilité des bornes de recharge, pour lequel l’objectif de 100 000 dans le domaine public n’a pas été atteint ".
Passé sous les radars
Dès que l’on aborde le sujet de la vision par les entreprises des dispositifs déployés, la nuance est de mise. Uniquement 14 % des dirigeants d’entreprise interrogés avouent savoir précisément en quoi consiste le plan de relance, de la même façon ils sont seulement 64 % à en connaître l’existence.
Ce qui fait tache pour un projet censé être structurant pour l’économie hexagonale. D’autant plus que la méprise est grande avec les mesures de sauvegarde de l’économie en pleine pandémie ; le comité de suivi statue "qu’on constate une réelle confusion chez les dirigeants d’entreprise qui ne font pas de distinction dans les aides mises en place par l’État, considérant que l’ensemble des mesures d’aide font partie du plan de relance ". C’est le paradoxe des mesures déployées : la totalité des moyens alloués est en passe d’être engagée d’ici la fin de l’année, une grande partie de l’écosystème français n’a même pas eu conscience du début de ce déploiement.
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