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Stéphane Richard ou l’honneur d’un Capitaine

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Orange / stéphane richard

Stéphane Richard ou l’honneur d’un Capitaine

Condamné à un an de prison avec sursis et à une amende de 50.000 euros dans le jugement d’appel de l’affaire Tapie, le patron d’Orange a immédiatement remis son mandat dans les mains du conseil d’administration. Une attitude plus digne que celle de juges qui se vengent de n’avoir pu condamner Bernard Tapie.
Stéphane Richard
Stéphane Richard

 

Le délibéré du jugement en appel de l’affaire Tapie est tombé il y a quelques minutes. Il était initialement prévu pour le 6 octobre dernier. Mais la mort de Bernard Tapie, intervenue quelques jours plus tôt, a obligé les juges d’appel à réécrire leur sentence. Et le fait qu’ils aient demandé un mois et demi pour cela ne laissait rien présager de très bon. Dans la mesure où en cas de relaxe, comme cela avait été le cas en première instance, seuls quelques jours auraient été nécessaires pour établir un nouveau jugement.

Il faut se pincer pour lire les attendus de ce jugement inique qui contredit les conclusions des juges de première instance qui avaient estimé – après des semaines d’un procès éprouvant – que Stéphane Richard devait être totalement blanchi, de même que Bernard Tapie, le principal concerné. Le pire c’est de lire ce que les juges ont écrit à l’égard de ce grand serviteur de l’État qui a contribué à gérer la crise de 2008 comme directeur de cabinet de Christine Lagarde. Il est donc écrit dans ce jugement inique que le patron d'Orange est coupable d'avoir aidé Bernard Tapie à "détourner environ 403 millions d'euros" en 2008. Et comme si cette phrase assassine ne suffisait pas, Stéphane Richard a également été reconnu coupable "de complicité de détournement de fonds publics". Pour tout cela, il a donc été condamné à un an de prison avec sursis et à une amende de 50 000 euros après que le juge a annulé un acquittement en première instance.

Il faut se souvenir – puisqu’on évoque des faits qui se sont passés il y a… treize ans – que Stéphane Richard était le directeur de cabinet de Christine Lagarde. Or l’actuelle présidente de la Banque Centrale Européenne qui a été jugée par la Cour de Justice de la République – puisqu’elle était ministre au moment des faits – n’a été reconnue coupable que de "négligence". Quand on sait qu’un directeur de cabinet n’est que le bras droit d’un ministre, on peut se demander pourquoi l’une a eu le droit à toute la mansuétude de la justice, alors que son principal collaborateur est accusé de "complicité de détournement de fonds". Ce qui est proprement insupportable, surtout pour un inspecteur des finances qui a toujours eu au cœur le sens de l’État.

"Les accusations de complicité de détournement de fonds publics sont sans aucun fondement et ne sont basées sur aucune preuve. Je les rejette totalement et vais me pourvoir en cassation", a prévenu Stéphane Richard. En attendant et comme il s’y était engagé en cas de condamnation le patron d’Orange a remis son mandat entre les mains du conseil d’administration. Selon nos informations, celui-ci doit se réunir dans la journée pour statuer sur le sort de son "primus inter pares". Mais dans un contexte particulier, puisque le mandat de Stéphane Richard arrive à échéance au printemps prochain. Et il a d’ores et déjà annoncé qu’il n’était candidat qu’au poste de Président, laissant à un nouveau Directeur Général le soin de conduire l’opérateur de télécoms. D’ailleurs un chasseur de têtes a déjà été missionné avec l’accord de l’Agence des Participations de l’État, afin de trouver, soit chez Orange, soit en dehors du groupe, la perle rare.

Dans ces conditions et compte tenu du pourvoi de Stéphane Richard en cassation, le démettre dès ce soir de ses fonctions de président ajouterait une injustice à une autre injustice et porterait un trouble grave à la bonne marche du groupe Orange. La moitié des patrons du CAC 40 sont mis en examen et ne seront jugés que dans des années si jamais l’instruction vient à bout. Rien n’empêche Stéphane Richard de rester à la tête d’Orange. Surtout au moment précis où l’action du groupe de télécoms affiche enfin une performance positive depuis le début de l’année. Quoi qu’il en soit de la décision de son conseil on ne peut que saluer l’honneur de ce capitaine qui a remis ses destinées dans les mains de ses pairs.

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