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Le beau geste de Stéphane Richard

Dirigeants, gouvernance / Orange / stéphane richard

Dirigeants, gouvernance
Orange / stéphane richard

Le très beau geste de Stéphane Richard

Le patron d’Orange qui entendait jeter l’éponge dès hier soir et abandonner immédiatement toutes ses fonctions, s’est résolu à faire l’intérim jusqu’au 31 janvier prochain. Pour la seule raison que l’État actionnaire n’avait rien anticipé et n’avait aucun remplaçant à sa disposition.
Stéphane Richard
Stéphane Richard

 

Assommé par un jugement le condamnant pour "complicité de détournement de biens publics", Stéphane Richard a démissionné d’emblée et remis son mandat dans les mains du conseil d’administration d’Orange réuni en urgence hier à 18 heures en présence des deux représentants de l’État. C’était une décision longuement mûrie de la part de l’intéressé. Et l’État ne pouvait ignorer que Stéphane Richard entendait tirer immédiatement les leçons d’une éventuelle condamnation.

Mais une fois de plus l’Agence des Participations de l’État et derrière elle, Bercy avec l’Élysée en décisionnaire final, s’est trouvée aux prises de quatre contradictions. La première : vouloir profiter de cette situation pour mettre en place tout de suite la dissociation des fonctions entre Président et Directeur Général. La deuxième : trouver un Président au sein du conseil d’administration avec l’idée de nommer l’administrateur référent, Bernard Ramanantsoa. Mais personne n’est parfait et les fonctionnaires de l’APE avaient juste oublié que cette nomination était impossible, car l’ancien directeur d’HEC est âgé de 72 ans… La troisième, c’est que pour trouver un directeur général, le comité des nominations a déjà mandaté depuis septembre un chasseur de têtes, Stuart, et que la bonne gouvernance exige d’attendre sa préconisation. Et enfin la quatrième, c’est de faire en sorte de respecter la parité et d’essayer de trouver une femme comme CEO d’Orange.

Ces quatre conditions auraient pu être anticipées par le premier actionnaire, comme tout investisseur cherche à anticiper les grandes décisions à prendre au sein de ses participations. Mais le "gouverner c’est prévoir" d’Adolphe Thiers - marseillais comme Stéphane Richard - est un adage qui n’a plus cours au sein de la République, déjà complètement engoncée dans la campagne présidentielle. Il en est de même pour de nombreux postes officiels où le Président demande aux partants de faire l’intérim. Il faudra pourtant qu’il nomme un vice-président du Conseil d’État avant le 4 novembre et très vite un nouveau patron pour l’Autorité de la Concurrence.

Constatant que le Roi était nu, Stéphane Richard a accepté de faire l’intérim jusqu’au 31 janvier 2022, en espérant que l’État aura trouvé les deux nouveaux mandataires sociaux d’Orange d’ici là en respectant la méthode "Chabadabada" - c’est-à-dire un homme et une femme. On savait que l’État n’était pas le meilleur des actionnaires pour une entreprise privée. On sait désormais qu’il est le plus mauvais directeur des ressources humaines. Et l’on se demande bien pourquoi il reste actionnaire d’une firme qui vend des abonnements téléphoniques… !

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