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Macro-économie / Taux / Bundesbank / Claudia Buch / Finance / vulnérabilités

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Bundesbank / Claudia Buch / Finance / vulnérabilités

La Bundesbank pointe les failles de la finance allemande

Outre-Rhin, le système financier fait face au développement de plusieurs vulnérabilités, s'inquiète la Banque centrale allemande dans un rapport.
Jens Weidmann et Claudia Buch, respectivement président et vice-présidente de la Bundesbank - John MACDOUGALL / AFP
Jens Weidmann et Claudia Buch, respectivement président et vice-présidente de la Bundesbank - John MACDOUGALL / AFP

"Les mesures gouvernementales prises pendant la crise ont été efficaces. L'activité économique augmente dans le monde entier. Les entreprises en Allemagne s'appuient de moins en moins sur les mesures de soutien". Certes, à l’occasion de la présentation du rapport annuel de la Bundesbank sur la stabilité financière, Claudia Buch, vice-présidente de l’institut d’émission, a salué la résistance du système financier allemand durant la pandémie. Toutefois, elle n’a pas omis d’alerter à propos des vulnérabilités croissantes auxquelles ce dernier faisait face. "Les évolutions que nous observions déjà avant la pandémie de coronavirus ont continué à s'accumuler", a ainsi déclaré la numéro deux de la Banque centrale allemande.

Plus précisément, ce sont trois vulnérabilités qui ont attiré l’attention des économistes de l’institution de Francfort. D’une part, le risque de crédit est peut-être sous-estimé, a avancé Claudia Buch. Les primes de risque sur les obligations émises par les entreprises non-financières apparaissent plus faibles que ce qu’elles n’étaient avant la crise – elles s’établissent environ 30 points de base en dessous – alors que leurs bilans se sont dégradés, leur endettement ayant crû de 6,4 points de Produit intérieur brut (PIB), selon la Banque des règlements internationaux (BRI).

D’autre part, Claudia Buch a évoqué le risque de taux d’intérêt. "Si l'inflation devait connaître une hausse nettement plus forte ou plus prolongée que prévu, les taux d'intérêt sur les marchés financiers pourraient augmenter sensiblement. Cela entraînerait des corrections du marché et des baisses de prix des actifs", prévient l’Allemande, qui anticipe qu’à court terme la montée des taux d’intérêt affecterait le secteur bancaire. En effet, les coûts de refinancement auxquels les banques seraient confrontées augmenteraient plus vite que leurs revenus d’intérêts (depuis plusieurs années, près de 50% des crédits immobiliers nouvellement accordés en Allemagne comportent une clause de fixation des taux d'intérêt supérieure à 10 ans).

L’immobilier est justement la troisième vulnérabilité mentionnée par la grande argentière. "Le moment où la hausse des prix de l'immobilier peut constituer une menace pour la stabilité financière est celui où un plus grand nombre de prêts sont accordés à des conditions nettement plus souples et où l’on prévoit que les prix devraient augmenter". détaille-t-elle. Un seul des deux critères semble rempli pour l’instant : selon une enquête, un peu moins de 90 % des ménages s'attendent à ce que les prix de l'immobilier résidentiel continuent d'augmenter tandis que "l’on ne constate pas d'assouplissement majeur des conditions d'octroi de crédit". Alors que les prix de l’immobilier résidentiel allemand ont augmenté de 73,7% en dix ans - selon les données de la BRI -, la Bundesbank n’hésite pas à dire qu’ils sont "10 à 30 % plus élevés que ne le justifient leurs fondamentaux".

La dynamique de ces différents risques est telle que l'indicateur avancé d'alerte de la Bundesbank - il estime la probabilité d'occurrence de crises financières - a continué à augmenter pendant la pandémie.

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