Macro-économie / Taux / BCE / Claudia Buch / Conseil de surveillance prudentielle / Banques
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BCE / Claudia Buch / Conseil de surveillance prudentielle / Banques
Pas de répit pour le conseil de surveillance prudentielle / Les nouveaux risques l’inquiètent au plus haut point
Ni catastrophisme, ni euphorie. C’est le message que s’est attelée à délivrer cette semaine Claudia Buch, présidente du conseil de surveillance prudentielle de la Banque centrale européen (BCE). Elle n’a pas cherché à nier que la "grande incertitude [qui] entoure les perspectives conjoncturelles et, plus fondamentalement, les changements structurels à venir" n’épargnent pas les banques, pour autant elle appelle à prendre le temps d’évaluer avec précision ces risques.
Le sujet des effets à plus long terme de la hausse des taux d’intérêt est abordé de cette façon, ils sont qualifiés de "plus incertains" et il faudra attendre de voir "comment les taux d’intérêt plus élevés affectent les pertes de crédit et le comportement des déposants". L’ancienne vice-présidente de la Deutsche Bundesbank estime qu’il lui faut, en tant que superviseur, se "concentrer sur les risques émergents et prendre des mesures opportunes si nous constatons des faiblesses dans les contrôles des risques et la résilience des banques".
Épée de Damoclès
Parmi les nouveaux dangers menaçant les établissements bancaires, plusieurs sont régulièrement revenus dans le propos de Claudia Buch. On y retrouve notamment "les risques liés au climat et à l’environnement " et un "nombre de cyberattaques [qui] a augmenté". Des changements qualifiés comme étant en grande majorité "structurels plutôt que temporaires" et de ce fait "nécessitant des ajustements au niveau des entreprises et des secteurs".
Il ne fait aucun doute pour la présidente du conseil de surveillance prudentielle qu’il existe "déjà des indications claires que la qualité des actifs des établissements importants commence à se détériorer". Un fait d’autant plus inquiétant, qu’elle s’inquiète que les " enquêtes […] montrent que les nouveaux risques ne sont pas suffisamment intégrés dans les processus de gestion des risques des banques".
Ces dernières sont également confrontées à une pression de plus en plus forte provenant des établissements non bancaires, ces acteurs ayant vu "leur part de marché des crédits accordés aux entreprises non financières de la zone euro, passer de 15 % en 2008 à 27 % en septembre 2023". Une source d’inquiétude pour les autorités européennes, une concurrence accrue étant susceptible d’affaiblir la stabilité financière. La hausse de la pression concurrentielle pouvant déboucher sur une incitation à "accumuler des actifs plus risqués et à devenir plus vulnérable aux chocs négatifs", afin de réagir face à une baisse de ses marges.
Le conseil de surveillance prudentielle est également engagé dans un autre défi ; l’évaluation de la "vulnérabilité des banques aux risques informatiques et cybernétiques". Il a été annoncé la préparation d’un " test de résistance à la cyber-résilience pour 109 banques ", un exercice dont les résultats devraient être rendus publics à l’été.
Toujours présents
Une pléthore de nouveaux risques qui nécessitent une attention particulière, mais qui ne doivent pas en faire oublier les fondamentaux aux équipes de Claudia Buch. Cette dernière a certes rappelé que "les banques en difficulté ont souvent respecté les exigences réglementaires jusqu’à une date très tardive", il n’en reste pas moins que "seul le capital peut absorber les chocs défavorables et permettre aux banques de continuer à prêter en période de stress ".
Une logique qui la pousse à espérer que les bons niveaux de rentabilités du secteur, lui permettent de "constituer des réserves pour amortir les chocs". Ce qui s’ajouterait aux progrès opérés ces dernières années ; rien qu’en ce qui concerne "les prêts non productifs, qui étaient autrefois le fléau du système bancaire européen, [ils] ont considérablement diminué". Le ratio des prêts non performants des principales banques a diminué de plus de 7 % en 2015, à moins de 2 % en 2023.
Des affirmations qui laissent espérer que les banques soient plus résistantes que jamais. Pour autant, pas question "de se reposer sur ses lauriers", tant les modèles d’entreprise des banques sont menacés par l’ensemble des risques émergents.
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