Macro-économie / Taux / Claudia Buch / BCE / risques
Macro-économie / Taux
Claudia Buch / BCE / risques
Le superviseur bancaire européen s’inquiète du risque cyber / Tout aussi préoccupant est le climat
Le beau temps avant la tempête. Claudia Buch, présidente du conseil de surveillance de la Banque centrale européenne, est longuement revenue, lors de son audition par la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, sur les risques qui pèsent sur le secteur bancaire européen.
Elle a notamment fait le constat que "les cyberattaques contre les banques sont devenues plus fréquentes et plus graves" et a assuré aux parlementaires que tout était mis en place pour juguler cette menace. Ses équipes exploitent actuellement les résultats d’un "test de résistance à la cyber-résilience pour évaluer la capacité des banques à résister à une cyberattaque grave mais plausible", ce dernier ayant été mené ces derniers mois. Les banques européennes devant améliorer les outils existants selon ses dires.
Vigilance
Un autre front est surveillé comme le lait sur le feu, il s’agit du sujet climatique. Qui s’avère d’autant plus épineux que le champ de compétence de Claudia Buch est limité ; elle a tenu à souligner que "les gouvernements élus et les législateurs sont responsables des politiques climatiques." De son côté, elle et ses équipes ont pour mission "de veiller à ce que les banques gèrent efficacement les risques physiques et de transition". La banquière centrale a rappelé que "quand nous avons commencé à travailler sur les risques climatiques et environnementaux il y a environ cinq ans, la grande majorité des banques n’y avaient pratiquement pas prêté attention. Bien que des progrès significatifs aient été réalisés depuis lors, il reste encore beaucoup à faire." Une façon de faire valoir aux parlementaires que les autorités de surveillance ont les mains liées en cas d’inaction politique.
Troisième sujet d’inquiétude aux yeux de la présidente du conseil de surveillance de la Banque centrale européenne : celui des "évolutions géopolitiques défavorables sur les banques [qui] se reflète dans nos priorités de surveillance pour 2024-2026". Relativement à d’autres facteurs de risque, ils inquiètent en raison de leur caractère incertain et avec peu de récurrence dans l’histoire. Pour l’heure ils induisent "une augmentation des risques de crédit, de liquidité, de marché et opérationnels, par exemple en perturbant les chaînes de valeur ou la fourniture de services à des tiers". Les banques sont invitées à ne pas hésiter à réévaluer tant "leurs expositions géographiques" que "leurs stratégies d’externalisation".
Solidité
Pas besoin tant d’innover pourtant selon Claudia Buch, il faut avant tout s’appuyer sur les outils déjà existants. "La mise en œuvre rapide et fidèle du cadre de Bâle dans toutes les grandes juridictions est essentielle", a-t-elle déclaré. La résilience actuelle des banques serait due principalement à deux facteurs : d’une part, "les réformes du secteur financier mises en œuvre à la suite de la crise financière de 2008 ont renforcé les banques sans compromettre leur capacité de prêt", d’autre part, les banques ont pu bénéficier "indirectement du soutien des pouvoirs publics, qui a contribué à protéger l’économie réelle des récents chocs négatifs".
Ainsi là où en 2015, "le taux moyen de créances douteuses des grandes institutions était de 7,5 %. Certains systèmes bancaires affichant des ratios proches de 50 %", Claudia Buch constate qu’en mars 2024, "ce ratio était tombé à 2,3 %, avec une réduction significative des différences entre les pays ".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

