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Private equity : les investisseurs confiants mais attentifs à l'ESG
Publié tous les semestres, le baromètre de Coller Capital offre un bon panorama de l’état d’esprit des investisseurs vis-à-vis du private equity (ou capital-investissement). Avec le recul de l’épisode le plus aigu de la crise sanitaire, les souscripteurs (appelés également les "LPs") continuent de plébisciter cette classe d’actifs. Ils sont par exemple 89% à estimer que les PME bénéficieraient d’être périodiquement détenus par des fonds au cours de leur développement, révèle le 35è baromètre du spécialiste des fonds secondaires, pour lequel Coller a interrogé 102 investisseurs dans le non-coté à travers le monde entre le 28 septembre et le 9 novembre. "Une PME bénéficie largement d’un accompagnement par un fonds de capital-investissement. Les investisseurs le confirment, au-delà de l’aspect du rendement", souligne Hani El Khoury, associé chez Coller Capital, interrogé par WanSquare.
Cette appréciation va plus loin. Les LPs sondés jugent même très majoritairement (à 80%) que la présence d’un acteur du private equity (ou GPs) au capital est un indicateur positif pour évaluer les perspectives à court et moyen termes d’une entreprise qui souhaiterait s’introduire en Bourse – au contraire de maints investisseurs sur les marchés cotés, qui soupçonnent régulièrement les fonds à vouloir introduire en Bourse des sociétés survalorisées ou une fois que l’essentiel de son potentiel de croissance est derrière elle.
En dehors des sentiments exprimés, les chiffres le montrent : jamais les LPs n’ont confié autant d’argent ces dernières années aux GPs, qui sont assis sur un tas d’or à placer d’un niveau inédit. "L’intérêt pour le private equity reste très élevé, confirme Hani El Khoury. Cette classe d’actifs a généré des rendements importants sur une longue période, que l’on ne retrouve pas dans les marchés cotés. Les LPs reconnaissent l’habileté des fonds à sélectionner les sociétés les plus aptes à croître, importantes dans leur écosystème. Le private equity profite également de sa démocratisation auprès des particuliers"
Dans ce contexte, l’utilisation croissante de "fonds de continuation" (qui permettent à une firme de private equity de conserver un actif de très bonne qualité après l’arrivée à échéance d’un fonds traditionnel – dont la durée de vie est limitée à 12 ans maximum – tout en offrant une solution de liquidité à ses investisseurs historiques et à de nouveaux entrants) montre que les LPs reconnaissent de plus en plus la qualité des professionnels du capital-investissement. Selon le baromètre de Coller, ils sont 57% à estimer que la prolifération des fonds de continuation enrichit l’écosystème du non-coté, sans remettre en cause de modèle traditionnel des fonds à 10 ou 12 ans, et 66% à penser qu’une entreprise n’aurait pas eu de meilleur destin en changeant d’actionnaire.
Mais ce satisfecit n’exclut pas l’évolution. L’année dernière, les investisseurs estimaient que les professionnels du non-coté devaient faire davantage face au changement climatique. Le respect des critères ESG par les GPs compte de plus en plus aux yeux des LPs, même s’il existe de grandes disparités selon les régions. Le baromètre révèle que ce facteur a été l’une des principaux motifs de refus de souscrire à des fonds pour 56% des investisseurs européens, 33% des investisseurs de la zone Asie-Pacifique et 25% des Nord-américains. Cinq ans plus tôt, la proportion n’atteignait qu’un tiers chez les Européens.
L’efficacité des réglementations à venir pour distinguer les GPs sincères de ceux qui font du greenwashing est tout aussi diversement appréciée. Les plus optimistes sont les investisseurs d’Asie-Pacifique (67%), suivis des Nord-américains (58%), alors que les Européens sont plus pessimistes (seuls 44% croient en leur efficacité). Pour autant, la plupart d’entre eux (67% des Asiatiques, 65% des Européens et 49% des Nord-américains) ne s’attendent pas à voir une hausse de la réglementation en général dans les quelques années qui viennent. "Le private equity s’organise progressivement pour trouver une réponse collective à l’ESG, par exemple via la mise en place de reportings plus standardisés. Les LPs ont également un moyen d’inciter les acteurs à prendre en compte l’ESG : s’ils ne sont pas convaincus par la stratégie et les procédures internes des gérants, il leur suffit de ne pas souscrire. La définition et la mise en place de critères quantitatifs communs, par exemple liés à l’atteinte d’indicateurs clé de performance, ainsi que d’un processus de supervision nécessiteront encore du temps", reconnaît Hani El Khoury.
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