Dirigeants, gouvernance / Engie / Jean-Pierre Clamadieu
Dirigeants, gouvernance
Engie / Jean-Pierre Clamadieu
Comment Clamadieu a apaisé Engie
Avant de clore le millésime 2021, le conseil d'administration d'Engie a accepté les propositions du comité des nominations de renouveler le mandat d'administrateur de Jean-Pierre Clamadieu pour une durée de quatre ans et a exprimé son intention de confirmer Jean-Pierre Clamadieu dans ses fonctions de Président du Conseil d'Administration en cas de renouvellement de son mandat par l'Assemblée Générale. Le Conseil a également décidé de proposer le renouvellement pour une durée de quatre ans du mandat d'administrateur de Ross McInnes, actuel Président du Comité pour l'Éthique, l'Environnement et le Développement Durable, membre du Comité d'Audit et membre du Comité de la Stratégie, des Investissements et des Technologies.
Pour une fois l'État actionnaire, qui est forcément intervenu dans cette décision, a pris une décision intelligente. Il a su reconnaître que Jean-Pierre Clamadieu a profondément apaisé les tensions qui minaient ce groupe depuis la brouille entre Gérard Mestrallet et Isabelle Kocher (pourtant nommée par la volonté de Mestrallet) et a recruté, avec Catherine MacGregor, la personnalité idoine pour occuper le poste de Directrice Générale. Il a approuvé la nouvelle stratégie de recentrage sur le gaz et les énergies renouvelables annoncée il y a dix-huit mois. Enfin il a salué les premiers signes de l'implémentation de cette nouvelle stratégie - avec la vente des actions Suez à Veolia même si Bercy n'était pas exactement sur cette ligne - et avec la vente pour un prix record d'Equans à Bouygues.
Le renouvellement de Jean-Pierre Clamadieu à la fois comme membre du board d'Engie et comme Chairman correspond à la volonté du conseil et de l'Etat-Actionnaire de voir se poursuivre la mise en œuvre de la stratégie de recentrage du groupe. Il y a eu la phase des désinvestissements. Aujourd'hui le groupe gère avec finesse sa sortie du nucléaire en Belgique. le nouveau mandat doit voir le groupe investir très largement dans la production d'énergie décarbonée.
Mais surtout le tandem Clamadieu-MacGregor doit maintenant délivrer et créer de la valeur pour les actionnaires. La valeur du titre Engie (hors dividendes réinvestis) est un tiers inférieure à ce qu'elle était il y a dix ans. Et au cours de cette année, qui a pourtant vu la flambée des cours de l'électricité et du gaz, le titre Engie a progressé d'à peine 4 %. L'Etat-Actionnaire attend maintenant la monnaie de sa pièce et une forte revalorisation du titre. Ce qui lui permettrait de sortir du capital d'un groupe où il n'a rien à y faire.
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