Macro-économie / Taux / Chine / PBoC / Banque populaire de Chine / Banque centrale / Politique monétaire
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Chine / PBoC / Banque populaire de Chine / Banque centrale / Politique monétaire
La Chine continue sa longue marche accommodante
La Chine a terminé 2021 par une baisse de taux. Elle compte bien entamer l’année suivante par la même politique monétaire accommodante. La Banque populaire de Chine (BPC) a en effet annoncé hier, à l’issue de sa réunion destinée à fixer les grandes lignes à venir de sa stratégie, son intention de maintenir en 2022 une liquidité suffisante pour s'assurer que la croissance de sa masse monétaire et du financement social soit cohérente avec la croissance du produit intérieur brut nominal.
L’année à venir sera marquée du sceau de la prudence. L’objectif de la Banque centrale est de stabiliser la croissance (en fait d’éviter qu’elle ne baisse encore). Elle veut pour cela de réduire les coûts de financement des entreprises en augmentant les fluctuations du yuan, tout en le maintenant à un niveau raisonnable et équilibré, et en renforçant l'ancrage des taux d'intérêt. La semaine dernière déjà, l'institut d'émission a réduit de 5 points de base son taux préférentiel de prêt à un an, qui s'établit désormais à 3,80%. C'est le taux de référence pour le coût des crédits bancaires. "Une politique monétaire prudente est souple, raisonnable et appropriée", a-t-il déclaré.
Mais cette prudence exige également de la Banque centrale qu’elle renforce la surveillance des sociétés financières et réglemente le financement du secteur immobilier du pays, peu encadré et largement perfectible.
En effet, les risques systémiques ont dominé une partie importante de l’actualité économique de l’Empire du Milieu en 2021 : la quasi-faillite du groupe immobilier coté Evergrande a plongé des millions de ménages et d’entreprises chinoises dans des abîmes de difficulté, provoquant un début de panique, tant en Chine qu’à l’étranger. Les grands promoteurs immobiliers chinois croulent sous les dettes, alors que la construction est l’un des principaux moteurs de l’économie du pays.
La croissance chinoise a d’ailleurs marqué le pas cette année : son PIB a crû de 4,9% au troisième trimestre en variation annuelle, soit son rythme le plus faible depuis la reprise post-confinement sanitaire. Les raisons invoquées sont d’une part les difficultés d’Evergrande, mais aussi la flambée des cours des matières premières et les coupures d’électricités massives qu’a subies la Chine (en raison d’une pénurie de charbon de bonne qualité). La croissance avait atteint 7,9% au trimestre précédent, 4,9% au troisième trimestre 2020 (alors que le reste du monde sortait du confinement), 5,9% à la même période en 2019 et 6,7% au T3 2018.
Afin de maintenir ses objectifs, la Banque centrale n’exclut aucun instrument macroéconomique.
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