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ETI / Relance / Ministère de l'Economie et des Finances / Bruno Le Maire
Voici venu le temps des ETI
Si la crise sanitaire a nécessité des programmes de court terme pour le sauvetage (avec les prêts garantis par l'Etat notamment), puis la reprise rapide (via France Relance) des entreprises hexagonales, les pouvoirs publics n'en continuent pas moins à alimenter les multiples programmes de soutien aux catégories d'entreprises jugées vitales pour l'économie française.
Hier, c'était au tour de la "Stratégie Nation ETI", lancée le 21 janvier 2020 et passée un peu inaperçu pour les raisons que l'on connaît. Après deux ans marqués par la crise sanitaire, le gouvernement a fait un premier bilan du dispositif et fixé 10 nouvelles actions.
Ce dispositif est destiné aux Entreprises de taille intermédiaire (ETI) pour combler à l'une des lacunes de l'économie française : un manque cruel d'échelon entre la myriade de PME très hexagonales et le grand groupe mondialisé, à la différence du - vénéré en France - Mittelstand allemand, composé de sociétés de dimension respectable à l'échelle nationale, mais encore moyenne à l'échelle internationale et déjà très fortement exportatrices. Or, il s'agit presque du segment le plus important pour la souveraineté économique d'un pays, comme l'ont cruellement rappelé les ruptures des chaînes d'approvisionnement mondiales et les menaces sur l'emploi provoquées par la pandémie : les ETI sont en effet la catégorie d'entreprises la mieux ancrée dans les territoires, tout en ayant une présence internationale - donc un effet positif sur la balance commerciale.
A l'occasion d'une rencontre entre les représentants du Meti (Mouvement des ETI) et de trois ministres (dont Bruno Le Maire) et deux secrétaires d'Etat, ce qui donne une idée de l'importance accordée au sujet en haut lieu, quatre axes ont été détaillés, s'inscrivant pour certains dans la continuité des actions entreprises il y a deux ans : renforcer l'accompagnement des ETI par les pouvoirs publics, développer l'attrait des ETI pour faciliter leur recrutement, améliorer leur compétitivité pour accroître leur capacité d'investissement et favoriser la prise d'engagements environnementaux et sociaux par ces sociétés.
Concrètement, le programme entend poursuivre les initiatives mises en place il y a deux ans, comme le "Tour de France des ETI" (qui vise à créer ou renforcer les relations entre ces entreprises et les organismes d'Etat), la création de "clubs ETI" dans les régions non encore couvertes, tandis que des "référents ETI" seront nommés dans les services économiques de chaque région. "Les ETI ont des contraintes particulières", souligne-t-on à Bercy. Les partenariats fiscaux seront également multipliés avec les sociétés volontaires. Ces derniers sont au nombre d'une dizaine actuellement mais l'Etat veut en faire la promotion en diffusant l'information notamment à travers les clubs régionaux. Et suite à l'identification de mesures de compétitivité au lancement de Stratégie Nation ETI, un indicateur de suivi relatif à l'impôt de production sera créé.
Recrutement et formation : un axe majeur
A l'occasion de la réunion, les ETI ont également évoqué avec les ministres leurs actions en terme d'ESG, même si des programmes ambitieux restent encore l'apanage des grands groupes, avantagés par leurs moyens (pour solliciter des cabinets de conseils par exemple) et l'accès aux marchés financiers internationaux (où il existe une forte demande pour les financements verts). Parmi les actions futures évoquées figure donc celle de les encourager à prendre des engagements, notamment en matière de ressources humaines, mais aussi de production et d'investissement en France.
Parmi les mesures nouvelles, la plus importante concerne probablement le recrutement, alors que la guerre pour attirer les talents fait rage et que les grandes entreprises ont un pouvoir d'attraction aujourd'hui bien supérieur, reconnaît-on à Bercy. C'est pourquoi le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation va établir une feuille de route pour permettre aux ETI de recruter davantage de talents et leur faciliter ainsi l'accès aux compétences - par exemple à travers des programmes de visibilité et le développement de l'apprentissage (selon le Meti, 40% des ETI ont augmenté la part d'alternants en contrat d'apprentissage en 2020). Un pan résonne également avec les objectifs sociaux, par exemple le thème de la diversité (comme en témoigne la présence de la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées à cette réunion).
Plusieurs de ces objectifs sont cohérents avec France 2030, le programme d'investissement d'avenir lancé l'année dernière. Sur les 1 738 ETI industrielles recensées par l’Insee (sur 5 530 ETI au total recensées en 2019), 469 ETI industrielles ont été lauréates des appels à projet de France Relance pour la modernisation, la relocalisation ou le développement d’activités, soit 27%. 569 millions d’euros d’aides leur ont été accordés sur un total de 2,9 milliards d’euros, soutenant près de 2,4 milliards d’euros d’investissements industriels, selon les derniers chiffres rappelés par Bercy.
Les ETI ont également profité des mesures d'urgences accordées par les pouvoirs publics au coeur de la crise. Au 26 novembre 2021, 1 229 d'entre elles ont bénéficié d'un prêt garanti par l'Etat. Le montant moyen accordé est de 12,85 millions d'euros, soit près de 16 milliards d'euros au total.
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