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Les ETI reprennent des couleurs
Merci au plan de relance
Si l’on ne peut nier la forte chute que la pandémie a engendrée sur l’activité des ETI, ces dernières sont en fait assez confiantes sur leurs capacités de résilience, selon une étude de Bpifrance publiée vendredi dernier. 55% d’entre elles estiment ainsi que leur trésorerie est suffisante et, parmi celles qui sont dans le cas contraire, 41% jugent que les difficultés qu'elles rencontrent en ce moment seront surmontables. En fait, 71% des 4 868 ETI interrogées déclarent anticiper un retour rapide à la normale, ce qui est bien plus optimiste que les PME interrogées en juillet, qui étaient 47% à tenir le même discours. De surcroît, les mauvaises prévisions que nous énumérons dans les parties ci-dessous doivent être relativisées : les projets d’embauches et d’investissement sont certes en forte chute, mais ils sont majoritairement plutôt reportés qu’annulés pour de bon : 35% des ETI reportent ainsi leurs projets d’embauche contre 9% d’annulations définitives, et 38% déclarent reporter leurs investissements contre 4% d’annulations.
Ces bonnes augures sont en grande partie à attribuer au plan de relance généreux mis en place par l’Etat, notamment la possibilité donnée aux ETI d’avoir recours à des prêts garantis par l’Etat (PGE) et au chômage partiel (80% d’entre elles y ont eu recours). Comme le précisait Philippe Mutricy, directeur des Etudes de Bpifrance, "En s’appuyant sur les dispositifs de soutien mis en place comme le PGE ou le chômage partiel, la situation de liquidité semble assurée".
Une nette dégradation est tout de même attendue
L'année 2020 reste toutefois une année noire pour les ETI. Dès fin août, les entreprises de taille intermédiaires (ETI) craignaient pour la très grande majorité (79%) une contraction importante de leur activité à cause de la crise de Covid-19. Malgré les espoirs de reprise, l’enquête annuelle de conjoncture ETI de Bpifrance vient confirmer ces prévisions, les ETI subissant de plein fouet le choc économique mondial provoqué par la pandémie. Seulement 15% des ETI anticipent ainsi une hausse de leur chiffre d’affaires entre 2019 et 2020, alors que 60% d’entre elles anticipent une baisse.
Ce pessimisme a eu deux conséquences négatives principales chez les ETI : d’une part, une plus grande frilosité au niveau de leurs dépenses d’investissement en 2020, avec un recul prévisionnel de 47 points sur un an, à 19%. Cette frilosité se retrouve dans les projets de création de filiale, puisqu’on observe une baisse des projets de 9 points, et dans la prise en compte de participations, en baisse de 8 points (à 35%). D’autre part, un effet sur l'emploi, le solde prévisionnel des effectifs en France perdant lui aussi 47 points, et celui des effectifs à l’étranger, 22 points.
Les entreprises internationales souffrent davantage
Le rapport de Bpifrance permet en outre de se rendre compte que les ETI internationalisées pâtissent de manière plus importante de la récession économique mondiale. Au niveau de leur chiffre d’affaires, ces entreprises tournées vers des échanges mondiaux, "habituellement les plus optimistes, enregistrent la correction la plus forte", nous apprennent les analystes. Leurs perspectives d’exportation sont ainsi très dégradées sur l’ensemble des zones, à -46%, ce qui représente un recul de 73 points par rapport aux perspectives de 2019. Au niveau de la trésorerie, les ETI internationalisées sont également plus pessimistes : elles anticipent un recul de 47 points sur un an, contre "seulement" -36 points pour l’ensemble des ETI du territoire français. Dans l’Industrie, on retrouve aussi des chiffres très bas en ce qui concerne l’évolution des effectifs (recul de 59 points en un an). Or, les ETI industrielles représentent une "population se recoupant fortement avec les ETI internationalisées", nous apprend-on dans ce rapport, ce qui souligne encore une fois l'impact plus fort de cette pandémie sur les ETI internationalisées.
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