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Faurecia / Hella / Automobile
Faurecia + Hella = Forvia
Après deux avertissements sur résultat consécutifs, Faurecia envoie un signal positif : l’équipementier automobile français, aujourd’hui totalement détaché de son ancienne maison-mère Peugeot SA, a réévalué son objectif de génération de résultat opérationnel consécutive à l’acquisition de l’allemand Hella. "L'exécution d'un important plan d'optimisation et de synergies de coûts générera un Ebit de plus de 250 millions d'euros, au-delà de ce qui avait été annoncé initialement, avec un impact sur le compte de résultat de 80% à atteindre en 2024", a indiqué le groupe dans un communiqué. Au moment de l'annonce de l’acquisition de Hella en août 2021, Faurecia avait évalué à 200 millions d'euros les synergies au niveau de l’Ebitda (proche de l’excédent brut d’exploitation).
Le groupe dirigé par Patrick Koller anticipe également entre 300 et 400 millions d’euros de synergies de revenus en 2025 au plus tard et 200 millions issus d’optimisations de flux de trésorerie.
Les objectifs réactualisés sont rassurants dans la mesure où Faurecia consolide les résultats de Hella dans ses comptes, puisqu’il détient 79,5% de son capital à l’issue de son offre publique d’achat (pour un coût final de 5,3 milliards d’euros). Pas de quoi organiser un retrait de cote. C’est pourquoi – tant que Faurecia et le fonds activiste Elliott, qui a acquis plus de 10% du capital de Hella, n’auront pas trouvé un accord – les deux groupes continueront à opérer comme deux sociétés juridiques distinctes : "le groupe Hella restera coté, avec sa propre gouvernance indépendante", a précisé Patrick Koller en conférence. Le directeur général de Hella, Rolf Breidenbach, quittera son groupe d’ici au mois de juin et sera remplacé. "Forvia", la marque du nouvel ensemble dévoilé ce matin, n’est qu’un nom ombrelle.
De quoi compliquer l’identification des synergies et l’organisation pour y parvenir – les synergies sont d’ailleurs strictement réparties entre les deux groupes. Mais visiblement, les dirigeants y sont parvenus. "Nos équipes sont maintenant prêtes à exécuter 10 projets de synergie validés représentant plus de 95% du potentiel total", assure Faurecia, notamment les achats, le numérique, l’intégration électronique, la logistique, les méthodes industrielles et l’immobilier.
Six pôles d’activités, pour 24 lignes de produit, seront constitués : Sièges, Intérieures et Mobilité propre, logés chez Faurecia ; Electronique, réparti en deux entités (Clarion Electronics et Hella Electronics) qui devront étroitement collaborer ; Eclairage et Solutions de gestion du cycle de vie, logés chez l’Allemand. Les deux partenaires travailleront également à rationaliser leur empreinte industrielle : ils possèdent 300 sites et 77 centres de R&D, présents dans 42 pays. Forvia bénéficiera de la forte présence de Faurecia en Chine, au Japon et dans les Amériques, et des relations fortes que Hella entretient avec les constructeurs allemands et les clients en gestion du cycle de vie.
Les autres objectifs communs pour l’année 2025 sont confirmés : un chiffre d’affaires commun supérieur à 33 milliards d’euros, une marge d’Ebitda supérieure à 15,5%, une marge opérationnelle supérieure à 8,5% et un flux de trésorerie net d’environ 1,75 milliard d’euros. Faurecia compte enfin ramener son levier de dette sous la barre des 2 à la fin de l’année et atteindre 1 en 2025.
L’absence de réévaluation de l’objectif de marge peut surprendre, compte tenu du fait que les synergies devraient avoir un effet plus important sur le résultat opérationnel. Mais c’est sans compter la hausse des prix à l’achat dans l’industrie, qui n’a jamais été aussi élevée depuis au moins une vingtaine d’années – selon le cabinet IHS Markit. Elle aura des conséquences sur les comptes, même si le groupe cherche à en partager le fardeau. "Nous devons prendre en compte l’inflation. Nos clients comprennent que nous ne pouvons nous permettre de supporter l’ensemble des hausses des matières. Nous avons confiance dans notre capacité à transférer une partie significative de l’inflation à nos clients", a précisé Bernard Schäferbarthold, directeur financier de Hella, en conférence avec les analystes et la presse.
Malgré l’incongruité de la nouvelle organisation de Forvia, les investisseurs ont été rassurés par la confiance des dirigeants, dans un climat incertain pour l'industrie automobile. Certains analystes estiment d'ailleurs que la faible visibilité actuelle dans le secteur dissimule encore une partie des bénéfices du rapprochement. L’action Faurecia progressait de 1,6% vers 16 heures, à 39,27 euros, après s’être adjugé plus de 2% plus tôt dans la séance.
Faurecia publiera ses comptes 2021 le 21 février ; Hella publiera le 7 avril le troisième trimestre (clos fin février) de son exercice décalé.
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