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Faurecia chiffre le coût de la pénurie de semi-conducteurs
Jusqu’ici, nous avions eu le droit à des déclarations relativement imprécises et éparses. Mais l’évaluation draconienne des conséquences de la pénurie mondiale de semi-conducteurs sur la production automobile par l’entreprise d’informations économiques IHS Markit la semaine dernière a provoqué une onde de choc et le premier profit warning directement lié à cette crise en France : Faurecia a révisé à la baisse ses anticipations pour l’exercice en cours.
L’équipementier français, qui utilise les prévisions d’IHS Markit pour établir les siennes, estime qu’il réalisera désormais un chiffre d’affaires de 15,5 milliards d’euros, soit au moins 1 milliard de moins que son objectif précédent. La perspective de marge opérationnelle a également été rognée : elle est désormais attendue entre 6 et 6,2% du chiffres d’affaires, contre 7% initialement. Le changement est moins prononcé concernant les indicateurs de solidité financière : un flux de trésorerie net de 500 millions d’euros (contre "supérieur à 500 millions") et un ratio dette nette/Ebitda inférieur ou égal à 1,5 fois en fin d’année (contre inférieur à 1,5 fois).
IHS Markit a en effet réduit de 4,8 millions d’unités sa projection de la production automobile mondiale au cours du second semestre par rapport à sa précédente estimation, établie en août dernier. Ce qui indique une dégradation rapide des chaînes d’approvisionnement des constructeurs. Il prévoit désormais que 34,5 millions de véhicules sortiront des chaînes de montage des constructeurs. La production annuelle se verrait réduite à 72 millions d’unités. Faurecia précise que sa projection financière pour 2021 était "explicitement basée" sur une hypothèse de production mondiale de 39,1 millions au second semestre.
Mais Faurecia sort par le haut de cette contrariété. L’équipementier précise en effet qu’"en 2020, avec une production automobile mondiale similaire (71 millions de véhicules) et des ventes de 14,5 milliards d’euros, Faurecia avait généré une marge opérationnelle de 2,9% des ventes et un cash-flow net de 13 millions d’euros". Cette année, dans un contexte commercial similaire (mais un contexte sanitaire toutefois bien meilleur), le groupe, qui est en train de prendre le contrôle de l’équipementier allemand Hella (également auteur d'un profit warning le jour même), s’en sort donc bien mieux. Ses nouvelles estimations pour 2021 "confirme[nt] le fort levier opérationnel de Faurecia et l’efficience de ses actions de résilience".
En communiquant de nouveaux chiffres, mêmes moins bons, l’équipementier français donne de la visibilité aux investisseurs, qui sont largement dans le brouillard pour évaluer les conséquences de la pénurie de semi-conducteurs – parce que les industriels du secteur le sont largement.
"Le 'warning' n’est pas surprenant compte tenu du nouveau scénario de production et même rassurant sur la partie cash. [Il] va permettre aux investisseurs de se concentrer davantage sur l'opération Hella", écrit Michael Foundoukidis, analyste chez Oddo BHF. C’est pourquoi l’effort de transparence de Faurecia a été saluée à la Bourse de Paris. Son action s’appréciait de 5,5% peu avant 16 heures, à 39,93 euros. D’autant plus que le titre s’était fortement déprécié ces 30 derniers jours, depuis l’annonce de l’acquisition du groupe allemand financée en partie par une augmentation de capital.
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