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Faurecia devra se mobiliser en 2022
Etant donné l’avertissement sur résultats annoncé fin novembre (son deuxième de l’année) et les contraintes encore lourdes qui pèsent sur le marché automobile mondial, les résultats de Faurecia pour l’exercice 2021 ne pouvaient être ni surprenants, ni mirobolants. En l’occurrence, ils sont assez largement en ligne avec les annonces du groupe et le consensus des anticipations des analystes.
Le chiffre d’affaires a progressé de 9% à périmètre et change constants pour atteindre 15,6 milliards d’euros, un montant légèrement supérieur à la fourchette annoncée par le groupe de 15 à 15,5 milliards et au consensus, établi à 15,25 milliards. Le résultat opérationnel de Faurecia fait plus que doubler et atteint 862 millions d’euros (identique au consensus) – ce qui représente une marge de 5,5%, exactement conforme à la prévision du groupe. Le flux de trésorerie (avant l’acquisition de Hella) est également dans les clous : il a atteint 317 millions d’euros, à comparer à un objectif "supérieur à 300 millions" et à un consensus autour de 333 millions (contre 13 millions en 2020). L’équipementier a fortement réduit sa perte nette, passée de 379 millions d’euros en 2020 à 79 millions en 2021. Et même s’il est encore dans le rouge, il proposera un dividende de 1 euro par action.
Au-delà des conséquences de la pénurie de semi-conducteurs et de la flambée des matières premières, qui affectent l’ensemble du secteur, le premier équipementier français a en particulièrement souffert au second semestre 2021 de ses difficultés dans le projet de sa division Sièges dans l’Etat du Michigan aux Etats-Unis, où il est notamment confronté à des difficultés de main-d’œuvre.
C’est surtout 2022 qui intéresse. En l’occurrence, Faurecia a fait preuve d’une certaine prudence, qui a probablement déçu les investisseurs (l’action a perdu plus de 5% hier à la Bourse de Paris, pénalisé également par les inquiétudes liées à la situation en Ukraine). Reposant sur l’hypothèse d’une production automobile mondiale de 78,7 millions de véhicules en 2022, le groupe prévoit un chiffre d’affaires compris entre 17,5 et 18 milliards d’euros, une marge opérationnelle située entre 6% et 7% et un flux de trésorerie d’environ 500 millions d’euros avant les éléments liés à l’acquisition de Hella.
Même s’il compte sur une amélioration progression progressive de la situation au cours d’année, avec une marge opérationnelle "proche des niveaux pré-Covid" (soit autour de 7%) au second semestre et l’atteinte de la rentabilité du programme de sièges dans le Michigan, les analystes ont regretté la modestie de la prévision de flux de trésorerie : ils attendaient en moyenne autour de 610-620 millions. L’écart "pourrait s’expliquer par un redressement moins rapide que prévu du besoin en fonds de roulement en réponse à un désengorgement attendu des goulets d’étranglement [provoqués à la fois par les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement suite aux pénuries et à la reprise économique, ndlr] au deuxième semestre", explique un analyste.
Faurecia s’est en effet lancé dans le chantier de sa vie en acquérant l’allemand Hella, qui lui fait accéder au rang de septième équipementier automobile mondial. La présence persistante du fonds activiste Elliott au capital de Hella l’a empêché de réaliser le retrait de cote et d’intégrer totalement sa cible. Il s’est résolu à créer une structure bicéphale baptisée Forvia qui, nonobstant les propos très positifs de la direction de Faurecia, complique immanquablement les synergies, le fonctionnement et la visibilité du nouvel ensemble. Faurecia/Forvia, qui publiera pour la première fois les comptes 2021 combinés le 28 avril, va devoir montrer le plus tôt possible, donc dès cette année, qu’il sait faire fi de cet obstacle.
Plus vite l’intégration de Hella donnera des résultats, plus vite Faurecia rassurera. Mais le groupe dispose d’un autre atout : l’évolution du carnet de commandes est rassurante quant aux capacités commerciales du groupe. Les prises de commandes cumulées sur trois ans ont progressé de trois milliards d’euros en 2021, atteignant désormais 75 milliards, sans intégrer le périmètre de Hella. On y trouve notamment 6,4 milliards d’euros émanant de Chine, 6,1 milliards pour les équipements en rapport avec les véhicules électriques, 2,6 milliards pour Clarion Electronics, l’équipementier japonais acquis en 2019, et même 500 millions pour ses produits destinés à l’hydrogène zéro émission.
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