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Faurecia / Automobile / Forvia / Hella

Faurecia écarte les sujets sensibles

Le projet d’augmentation de capital est repoussé étant donné l’état des marchés financiers, l’équipementier automobile ayant réussi à s’arranger avec ses banques. Les premières prévisions pour 2022 pour le nouveau périmètre de Forvia sont prudentes, mais le premier trimestre est encourageant.
Forvia
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Entre deux solutions, Faurecia a privilégié la préservation de son cours de Bourse. Alors que certains appréhendaient une augmentation de capital avec une forte décote, l’équipementier automobile a préféré négocier avec ses banquiers l’assouplissement de l’un de ses contrats de crédit. "Compte tenu des récentes conditions de marché, Faurecia a décidé de ne pas encore lancer son augmentation de capital, dans l'attente de conditions de marché plus favorables", a annoncé le groupe ce matin à l’occasion de la publication de son chiffre d’affaires du premier trimestre. Il prévoyait initialement de réaliser la transaction au cours du premier semestre, pour refinancer un des prêts-relais souscrits pour prendre le contrôle de l’équipementier allemand Hella (dont il détient 81,5%) pour 5,4 milliards d’euros, en janvier dernier.

Une augmentation de capital décotée, qui était attendue entre 570 et 800 millions d’euros par le marché, aurait sans aucun doute fait chuter le cours de son action ; la chute des Bourses depuis l’invitation de l’Ukraine par la Russie a de toute façon condamné toute velléité. Les incertitudes provoquées par la guerre et par la reprise de la pandémie en Chine assombrissent l’avenir.

En attendant, afin de préserver ses fonds propres, Faurecia a utilisé plusieurs solutions. Il a suspendu le versement de son dividende au titre de l’exercice 2021, qui était proposé à 1 euro par action. Il a obtenu la suspension (waiver) de la clause financière (covenant) attachée au crédit-relais et relative au multiple d’endettement du groupe. Le levier ne sera pas testé au 30 juin et la dette nette devra représenter moins de 3,75 fois l’Ebitda au 31 décembre, au lieu de 3 fois prévu initialement – une échéance repoussée de six mois. Dernier moyen, Faurecia a doublé le montant de son programme de cession d’actifs par rapport à ce qui avait été indiqué en août dernier à l’annonce préliminaire de l’acquisition de Hella : il prévoit désormais de vendre l’équivalent d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici à la fin de l’année 2023.

Ce sont des solutions intermédiaires qui ne permettront à Faurecia de faire l’économie d’une augmentation de capital. Mais Faurecia dispose de temps. Selon le contrat qui le lie au prêt-relais en question, il a jusqu’au mois de février prochain pour réaliser l’opération.

En attendant, la conjoncture économique et politique pousse Faurecia à la prudence. Pour l’ensemble de l’année et le périmètre de Forvia (l’ensemble formé par Faurecia et 11 mois de consolidation de Hella), les dirigeants anticipent un chiffre d’affaires de 23 à 24 milliards d’euros (donc 1,5 milliard liés aux effets devise et matières premières), une marge opérationnelle située entre 4 et 5% (contre une ancienne prévision pour Faurecia seul comprise entre 6 et 7%) et un flux de trésorerie net à l’équilibre (+500 millions pour Faurecia). "Nous sommes très prudents sur l’Europe et la Chine, qui sont deux marchés importants pour nous", a rappelé Michel Favre, le directeur financier de Faurecia et futur directeur général de Hella. L’activité du groupe s’est déjà fortement dégradée en mars en glissement annuel par rapport aux mois précédents (-20% en Europe et +6% en Chine). Les prévisions reposent sur une hypothèse de production automobile mondiale dégradée de 78,7 millions à 74,2 millions d’unités (dont 15,1 millions en Europe et 20,1 millions en Chine), selon les chiffres de IHS Markit.

Au premier trimestre, Forvia a encaissé un revenu de 5,3 milliards d’euros – un montant dont la forte hausse (+33%) n’est pas très significative en raison d’un effet de périmètre de plus de 1,14 milliard (soit 28,5 points de hausse) lié à la consolidation de Hella, qui s’ajoute à un effet de change positif (3,2 points). L’évolution organique est, elle, plutôt satisfaisante, puisque le chiffre d’affaires a progressé de 1,1% au premier trimestre alors que la production automobile mondiale a régressé de 4,2%. Le consensus des analystes compilé par Factset était d’ailleurs pessimiste, puisqu’il ressortait à 4,48 milliards d’euros. Faurecia (hors Hella) fait mieux que la production sur tous les continents. L’activité Sièges a connu une évolution très positive en Chine malgré le contexte (+44%) et positive en Amérique du Nord, marché plus mûr (+4,6%).

La violente chute du titre hier en fin de séance (-10,7% après avoir progressé de 5% en matinée) fait penser que les investisseurs ont progressivement paniqué face aux inquiétudes du groupe quant à l’Ukraine et la Chine, ce qui a tiré vers le bas l’ensemble du secteur automobile, accentuant encore la baisse chez Faurecia.

On peut au contraire souligner que Forvia a fourni de la visibilité au marché qui en manquait. Le groupe a également confirmé sa capacité à faire mieux que la production automobile – un indicateur considéré dans le secteur – et il bénéficiera bien entendu des synergies entre Faurecia et Hella et d’un portefeuille d’activités qui s’en trouvera diversifié. En outre, le report de l’augmentation de capital à une échéance lointaine est une bonne nouvelle pour les actionnaires, même si ceux-ci peuvent se sentir frustrés par l’abandon du versement d’un dividende au titre de l’exercice 2021.

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