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Faurecia réellement plus fort avec Hella
Grossir ne doit pas être une fin en soi. Heureusement, le rachat par l’équipementier automobile français Faurecia de son homologue allemand Hella semble bien apporter les bienfaits espérés. C’était la première fois que le nouvel ensemble, baptisé Forvia, publiait des résultats complets, ceux du premier semestre 2022 en l’occurrence.
L’opération ayant été bouclée en début d’année, les résultats de Hella sont consolidés dans les comptes de Faurecia depuis le 1er février. A ce stade, l’intégration ne réserve pas de (mauvaise) surprise. Elle "est en bonne voie", indique le groupe. "Nous avons, depuis la finalisation de l'acquisition de Hella fin janvier, accéléré la combinaison de Faurecia et Hella et nous déployons notre programme de synergies selon nos plans", a expliqué Patrick Koller, le directeur général de Faurecia, à l'occasion de la publication des résultats semestriels.
Après ces cinq premiers mois, "la bonne nouvelle de cette publication est qu'il n'y a pas de mauvaise nouvelle", résument les analystes de Stifel. Et ce, bien que l’environnement soit des plus difficiles. La production automobile a continué tout au long du semestre à souffrir d’une faible activité, la pénurie de semi-conducteurs et la guerre en Ukraine générant de la volatilité dans les programmes des constructeurs automobiles et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement.
Le confinement de deux mois en Chine en avril et mai en raison des restrictions liées au Covid a également pesé.
"Forte superformance"
Fort logiquement, de façon mécanique, l’intégration de Hella a fait bondir le chiffre d’affaires du groupe, désormais septième équipementier mondial. Mais à périmètre constant aussi, la performance est positive. Forvia a enregistré une croissance organique de 9% tandis que la production automobile mondiale reculait de 0,6% à 37,2 millions de véhicules légers, soit 1 million de moins par rapport au premier semestre 2021. Dans ce contexte, la "forte surperformance organique" des ventes soulignée par l’entreprise rassure. D’autant plus que ces 960 points de base de surperformance sont pour une large part (790 points de base) liés aux volumes. La croissance organique de Forvia s'est même accélérée au deuxième trimestre, s’élevant à 17% contre 1,1% au premier, malgré les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et l'inflation des coûts.
La forte présence de Hella dans les composants de véhicules électrifiés et connectés n’est pas étrangère à cette dynamique. Les 15 milliards d'euros de prises de commandes enregistrées au premier semestre comprennent d'ailleurs d’importantes premières commandes de technologies d’électrification et de conduite automatisées. Le bon positionnement de Faurecia dans les matériaux durables et des technologies de réduction des masses qui baissent les émissions de CO2, y contribue également.
En matière de rentabilité aussi, Hella, dont la profitabilité est supérieure à celle de Faurecia, a apporté sa contribution positive. La marge opérationnelle de Forvia s’est établie à 3,7%, malgré l’ensemble des difficultés conjoncturelles, légèrement au-dessus des anticipations du consensus des analystes, et ce alors que l'inflation a coûté près de 500 millions d'euros. Sur ce montant, environ 400 millions d'euros ont pu être compensés, "principalement grâce à des politiques contractuelles de répercussion sur les matières premières à 80% en moyenne", a indiqué le groupe. "Cette répercussion de l'inflation […] a eu un effet dilutif sur la marge opérationnelle d'environ 100 points de base au premier semestre 2022", mais Forvia estime que cet impact net devrait diminuer au second semestre. "Les mesures d'atténuation continueront à être efficaces sans le décalage de temps connu au premier semestre", a expliqué l’entreprise.
Cash-flow positif
Le cash-flow libre positif de 102 millions d’euros dégagé sur le semestre constitue par ailleurs une bonne surprise. "Le besoin en fonds de roulement a finalement représenté une entrée de 22 millions d'euros, tandis que la performance est principalement dû au fait que le périmètre d'affacturage inclut les opérations de Hella", explique un analyste. De quoi rassurer les investisseurs, d'autant plus que le groupe a confirmé son programme de cessions d'actifs non stratégiques pour un montant d’un milliard d'euros d'ici fin 2023, qui contribuera à la poursuite du désendettement.
Toutes les prévisions annoncées en avril dernier ont aussi été réitérées avec l’hypothèse d’une production automobile mondiale de 74 millions de véhicules, également inchangée. Le chiffre d’affaires est toujours attendu entre 23 et 24 milliards d’euros en 2022, avec une marge opérationnelle comprise entre 4 et 5 % des ventes, et un cash-flow libre à l'équilibre. En Bourse, l’ensemble de ces bonnes nouvelles était salué lundi après-midi par une hausse de plus de 5% de l’action Faurecia.
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