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Forvia souffre face à un marché automobile européen en crise / Le salut devrait venir de la Chine
Le ralentissement du marché automobile européen, en particulier dans le domaine des véhicules électriques, n’est pas sans conséquences sur ses acteurs du secteur les plus exposés au Vieux continent, tel l’équipementier Forvia.
L’ex Faurecia, dont le changement de nom était intervenu lors de l’assemblée générale 2023 pour marquer son changement de dimension après avoir absorbé l’allemand Hella en 2022, a révisé à la baisse vendredi ses prévisions pour 2024 en invoquant une conjoncture mondiale "difficile".
Car, outre les incertitudes sur le marché européen, en grande partie dues à la poursuite du ralentissement de l’électrification et aux inquiétudes liées à la mise en œuvre de la réglementation CAFE (Corporate Average Fuel Economy), qui imposera aux constructeurs un seuil d’émission de CO2 moyen à ne pas dépasser, le contexte souffre d’"un niveau élevé des stocks de véhicules en Amérique du Nord", explique le groupe.
Une situation qui perturbe la préparation des lancements de nouveaux modèles et va jusqu’à entraîner des fermetures d’usines par les constructeurs. Les prévisions de production pour le second semestre s’en ressentent. A cela s’ajoutent aussi "des risques croissants de grèves chez les constructeurs".
Moins de deux milliards de capitalisation boursière
Conséquence, pour 2024, l’entreprise dirigée par Patrick Koller estime désormais que son chiffre d’affaires devrait s’établir entre 26,8 milliards à 27,2 milliards d’euros, alors qu’en juillet, Forvia avait indiqué tabler sur des ventes dans le bas d’une fourchette allant de 27,5 milliards à 28,5 milliards d’euros.
S’agissant de la rentabilité, Forvia s’attend maintenant à dégager cette année une marge opérationnelle comprise entre 5 % et 5,3 %, nettement en deçà des 5,6 % à 6,4 % que le groupe pensait atteindre jusque-là.
Il n’y a donc plus grand-chose à attendre de l’année 2024, ce dont les investisseurs avaient déjà pris conscience depuis un moment, au vu des plus bas depuis 25 ans récemment touchés par l’action Forvia. Les avertissements sur résultats lancés plus tôt dans le mois par les constructeurs allemands haut de gamme BMW et Mercedes, auxquels la filiale Hella est très exposée, avaient contribué à préparer le terrain.
Si bien que la réaction des investisseurs traduit plutôt le soulagement que la déception. Forvia voit vendredi son cours de Bourse rebondir de 8 %, à 9,52 euros, sachant que l’on part tout de même de très bas. La capitalisation boursière de moins de 2 milliards d’euros traduit bien l’ampleur du chemin que le septième équipementier automobile va devoir remonter.
Or, 2025 s’annonce d’ores et déjà difficile. Forvia ne se fait pas d’illusion sur le fait que la production automobile en Europe, où le groupe réalise 45 % de son chiffre d’affaires, restera sous pression. Compte tenu de la morosité de l’environnement économique global et des incertitudes liées à l’évolution du mix de motorisations, la production automobile pourrait même y être inférieure à celle de 2024.
Synergies revues en hausse
Au milieu de ce tableau bien sombre, un élément positif est à souligner. L’objectif de synergies de coûts cumulées pour la fin 2025 liées au rapprochement avec Hella a été relevé à 400 millions d’euros, au lieu de plus de 350 millions d’euros. Ce qui, au plan de renforcement de la compétitivité et de l’agilité des opérations du groupe lancé en début d’année, doit permettre d’améliorer significativement la marge opérationnelle l’an prochain.
D’autre part, si Forvia traîne pour le moment comme un boulet sa forte exposition au marché européen, le salut de l’entreprise pourrait venir de la Chine et l’Asie en général. La Chine, où le groupe réalise environ 20 % de son chiffre d’affaires à l’heure actuelle, devrait offrir un potentiel de croissance à Forvia en 2025 grâce au lancement de projets clients retardés en 2024 et à la montée en puissance des ventes avec de nouveaux clients chinois. C’est le cas notamment de la montée en puissance rapide attendue de de sa joint-venture récemment créée avec le constructeur automobile chinois Chery dans le domaine des cockpits intelligents et durable.
Et, plus largement, l’ensemble de l’Asie "offre le potentiel de croissance de la production automobile le plus élevé". Le groupe entend y réaliser plus de 35 % de ses ventes mondiales et y maintenir sa marge opérationnelle au-dessus de 10 % d’ici à 2028.
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