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Faurecia vise plus de synergies avec Hella / Et son endettement inquiète beaucoup moins
Plus d’un an après avoir absorbé l’équipementier allemand Hella pour former Forvia, le septième équipementier automobile mondial, la nouvelle entité suit sa feuille de route. Même si l’organisation de l’ensemble peut en perturber la compréhension puisque Faurecia et Hella existent toujours en tant qu’entités juridiques distinctes toujours cotées en Bourse sous leur nom propre. La faute à la présence à près de 10 % du capital d’Hella de l’actionnaire activiste Elliott qui avait empêché Faurecia de monter à 100 % du groupe familial allemand. Une situation qui "limite le contrôle des flux de trésorerie et appellera tôt ou tard à une offre complémentaire", estime le cabinet AlphaValue, mais n’empêche pas Faurecia de consolider à 100 % Hella dans ses comptes, ni ne gêne les synergies du rapprochement.
A l’occasion de la publication des résultats 2022 de l’ensemble, Faurecia vient justement d’annoncer que les synergies de coûts étaient désormais revues à la hausse à plus de 300 millions d’euros d’excédent brut (Ebitda) en 2025, contre plus de 250 millions d’euros anticipés précédemment. En parallèle, les synergies commerciales sont revues à la hausse à plus de 400 millions d’euros en 2025, au lieu de 300 millions d’euros à 400 millions d’euros prévus précédemment. "Depuis l’entrée effective de Hella dans le périmètre de consolidation du groupe, les deux sociétés, sous la direction de leurs équipes dirigeantes respectives, ont accéléré leur collaboration et réalisé des avancées significatives dans la génération de synergies", a expliqué Faurecia.
Forvia a réalisé en 2022 des performances meilleures qu’attendu sur l’activité, mais avec une rentabilité un peu décevante. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 25,5 milliards d’euros, en forte progression de 63 %. Une évolution largement liée à l’acquisition de Hella qui était consolidé sur 11 mois dans les comptes de l’année, tandis que les ventes se sont accrues de 17 % à périmètre et taux de change constants. Dans le même temps, le résultat opérationnel s’est monté à 1,12 milliard d’euros, en amélioration de 29,4 %, mais avec une marge en recul à 4,4 % du chiffre d’affaires, en baisse de 110 points de base sur un an. Par comparaison, les analystes visaient un chiffre d’affaires de 25,2 milliards d’euros avec une marge de 4,5 %.
L’affacturage fait la différence
Toutefois, comme l’observent les analystes d’Oddo BHF, "la bonne surprise est venue du cash-flow net qui s’est élevé à 471 millions d’euros", alors que le groupe comptait simplement générer un flux de trésorerie net à l’équilibre. "Bien que l’on puisse arguer que cette amélioration cash-flow a été obtenue principalement grâce au besoin en fonds de roulement et au recours à l’affacturage, il s’agit d’un résultat nettement supérieur aux prévisions", souligne de son côté le bureau d’études Stifel. La variation de l’affacturage a représenté une entrée de trésorerie de 183 millions d’euros, contre une entrée de trésorerie de 72 millions d’euros en 2021, reflétant principalement l’extension à Hella du programme déjà en place chez Faurecia.
Autre bonne nouvelle, Faurecia a reçu une offre ferme et engageante de la part du groupe indien Motherson pour l’acquisition de l’intégralité de sa division SAS Cockpit Modules (SAS), fournisseur international de services d’assemblage et de logistique pour l’industrie automobile, sur la base d’une valeur d’entreprise de 540 millions d’euros. Ainsi, l’intégralité du programme de cession d’actifs non stratégiques de Forvia pour 1 milliard d’euros d’ici fin 2023 est atteinte. Ceci, combiné à la meilleure performance du cash-flow, signifie que "les problèmes de levier d’endettement devraient maintenant s’atténuer de manière significative", prévoit Oddo BHF. Le radio de dette nette sur Ebitda était revenu à 2,6 fois à fin décembre, au lieu de 3,1 fois six mois plus tôt et le groupe compte le ramener à 1,5 fois en décembre 2025. Une trajectoire de désendettement à laquelle la Bourse semble souscrire : l’action Faurecia progressait lundi de 2,3 %, à 20,4 euros.
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