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Valeo / Christophe Périllat / Gilles Michel / équipementier automobile

Valeo se prend les pieds dans l’inflation / Mais l’électrification et les aides à la conduite soutiennent ses perspectives

Valeo a vu ses marges s’effriter en 2022, sous l’effet de l’inflation, que l’équipementier automobile n’a pu totalement répercuter dans ses prix ou compenser par ses gains de productivité. Pour autant, le groupe dispose de forts moteurs de croissance dans l’électrification et les aides à la conduite, appelés à tirer ses ventes et sa rentabilité vers le haut sur le moyen terme.
Christophe Périllat, directeur général de Valeo - Eric TSCHAEN/REA
Christophe Périllat, directeur général de Valeo - Eric TSCHAEN/REA

"Nous avons atteint tous les objectifs financiers que nous nous étions fixés". Un peu plus d’an après sa nomination à la direction générale de Valeo, Christophe Périllat, épaulé depuis peu par Gilles Michel, veut retenir le positif d’un exercice réalisé dans un contexte difficile, marqué par l’inflation, la pénurie de composants électroniques, les mesures de confinement en Chine et le conflit en Ukraine.

Son groupe a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires d’un peu plus de 20 milliards d’euros, en croissance de 16 % par rapport à 2021, soutenu par les deux grandes tendances de fonds de l’accélération des activités électriques et des systèmes de confort et d’aide à la conduite. Valeo intègre d’ailleurs depuis l’été dernier la totalité de l’activité propulsion électrique haute tension qu’il partageait auparavant avec son ancien partenaire allemand Siemens (l’ex Valeo Siemens eAutomotive), et qui figure parmi les principaux fournisseurs de technologies haute tension pour véhicules électriques. Cette entité a réalisé à elle-seule un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros en 2022.

Tandis que l’activité fait bonne figure, le bât blesse sur la rentabilité. Valeo a certes atteint stricto sensu ses objectifs en la matière, mais à 635 millions d’euros, le résultat opérationnel représente 3,2 % du chiffre d’affaires, contre 4 % en 2021, dans le bas de la fourchette de marge opérationnelle entre 3,2 % et 3,7 % qu’il s’était fixé. Et, au point médian, sa performance "a manqué de 4 % le consensus", note Stifel. Une déception que le bureau de recherche attribue " principalement " aux pôles systèmes thermiques et systèmes de visibilité (l’éclairage), davantage qu’à l’activité de propulsion électrique haute tension nouvellement intégrée.

Le groupe a notamment souffert de l’inflation, avec un impact négatif net total de 120 points de base, dont 30 points de base liés aux salaires, sur la marge brute, ce qui est "supérieur à la plupart des pairs, confirmant son profil plus fragile sur ce point ", pointe de son côté le cabinet d’études Oddo BHF.

 

Très forte dynamique commerciale

 

Voilà qui explique l’accueil froid réservé par les investisseurs aux performances 2022 de l’équipementier automobile, l’action Valeo perdant près de 5 % vendredi, autour de 20 euros. Et ce malgré la bonne surprise sur le cash-flow libre, qui s’est élevé à 388 millions d’euros, supérieur de 17 % aux anticipations des analystes, mais tempérée par un endettement également plus élevé que prévu, à 4 milliards d’euros, contre 3,8 milliards d’euros anticipés.

Empreintes d’une prudence légitime compte tenu du contexte macroéconomique, les perspectives en matière de rentabilité ne suscitent pas non plus l’enthousiasme. Le groupe vise une marge opérationnelle comprise entre 3,2 % et 4 % cette année, ce qui "suggère en milieu de fourchette, une rentabilité seulement stable par rapport au second semestre 2022", ajoute Oddo BHF. Des chiffres dont les ordres de grandeur - comparés aux marges nettement plus élevées de leurs clients, les constructeurs - rappellent que les équipementiers ont tendance à se situer entre le marteau et l’enclume, subissant d’un côté l’inflation de leurs coûts, tout en menant des négociations difficiles mais indispensables avec les constructeurs pour relever leur prix.

Valeo dispose néanmoins d’atouts importants en étant positionné sur les segments qui connaissent la plus forte croissance. En témoigne sa forte dynamique commerciale, avec des prises de commandes qui s’envolent de 48 % à 32,6 milliards d’euros. En particulier, dans le domaine des systèmes d’aide à la conduite (ou ADAS pour advanced driver-assistance systems) où elles s’élèvent à trois fois les ventes. Et ces commandes "affichent un niveau de profitabilité significativement supérieure à l’objectif de marge opérationnelle en 2025 du plan Move Up", tient à souligner le groupe. A juste titre, sachant que ce plan stratégique présenté voici un an vise une marge opérationnelle de 6,5 % à cet horizon.

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