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Entreprises / Actions / Valeo / équipementier automobile / Automobile

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Valeo / équipementier automobile / Automobile

Valeo présente un profil mitigé

Si son chiffre d’affaires sera assez nettement affecté en 2021 en raison des pénuries dont souffre l’industrie automobile, l’équipementier monte sa capacité à protéger ses marges. En revanche, son joint-venture avec Siemens dans les moteurs électriques peine.
Jacques Aschenbroich, PDG de Valeo
Jacques Aschenbroich, PDG de Valeo

Après un premier semestre très positif pour Valeo, la question était de savoir comment le deuxième équipementier automobile français par la taille (depuis que Faurecia s’est lancé dans l’acquisition de l’allemand Hella) allait négocier au trimestre suivant le virage de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, qui empoisonne tout le secteur.

Le miracle n’a pas eu lieu, mais Valeo évite la sortie de route. Son chiffre d’affaires a reculé à un rythme sensiblement inférieur à celui de la production mondiale de véhicules (un critère important pour les équipementiers) : il a reculé de 10% au troisième trimestre (comme Faurecia) et atteint 3,96 milliards d’euros. Pour les neuf premiers mois, il atteint 12,96 milliards d’euros (+15%, en raison d’un premier semestre 2020 catastrophique en raison de la pandémie). Les analystes interrogés par Factset anticipaient en moyenne un montant légèrement supérieur, en l’occurrence 3,98 milliards d’euros. Mais d’autres consensus ressortaient un montant inférieur. En outre, la production automobile mondiale s’est dans le même temps repliée de 19,2%. La "surperformance" de Valeo est donc réelle.

Mais ces éléments conduisent le groupe à réviser assez fortement sa prévision de chiffre d’affaires pour l’année entière : il anticipe désormais entre 16,9 et 17,2 milliards d’euros, contre une indication précédente de 17,6 à 18,2 milliards. Si une correction était attendue, son ampleur a surpris les analystes, dont le consensus était centré sur 17,5 milliards. "C’est une année très difficile, si on compare à 2020 avec la crise du covid, et finalement l’année 2021 sera du même ordre de grandeur, donc c’est une surprise", a déclaré ce matin le PDG Jacques Aschenbroich sur BFM TV.

Les ventes de première monte (sur véhicule neuf, par opposition à la rechange) ont diminué de 16% à périmètre et taux de change constants "du fait de la baisse d'activité liée à la crise des composants électroniques", indique sans surprise le groupe. La deuxième monte a ainsi pleinement joué son rôle d’amortisseur en progressant de 18%, confirmant l’importance de cette activité pour les équipementiers puisque constituée en partie à partir de stocks auprès des garagistes et des concessionnaires, elle subit moins les perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

En revanche, Valeo a resserré vers le haut son objectif d’Ebitda pour l’année. Il anticipe désormais une marge comprise entre 13% et 13,4% – son objectif précédent était compris entre 12,8% et 13,4%. L’équipementier a su répercuter efficacement les hausses de coûts aux constructeurs et les ventes en deuxième monte, activité qui génère des marges supérieures, continuent de rebondir. L’objectif de flux de trésorerie disponible est lui maintenu, compris entre 330 et 550 millions d’euros. Le groupe fonde toujours ses prévisions sur l’hypothèse d’une production mondiale de 71 millions de véhicules.

Le véritable motif d’inquiétude provient de son joint-venture avec Siemens dans les moteurs électriques, Valeo Siemens eAutomotive. La perspective d’atteindre l’équilibre financier entre 2022 et 2023 s’éloigne. Valeo a en effet dégradé la contribution de cette société commune à ses résultats en 2021, tandis que les perturbations du marché automobile devraient se poursuivre en 2022 et pénaliser son activité. Jacques Aschenbroich a indiqué qu’elle afficherait une perte proche de cette de 2020, soit 278 millions d’euros (pour un chiffre d’affaires de 750 millions), alors que les analystes étaient quasi unanimes pour anticiper une perte autour de 200 millions.

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