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Faurecia / Forvia / Patrick Koller / Hella / production automobile

Faurecia doit prouver sa capacité à se désendetter rapidement / L’équipementier adapte ses ambitions au nouvel environnement

Forvia, l'équipementier automobile né du rachat par Faurecia de son concurrent allemand Hella, a révisé à la baisse ses objectifs financiers à l’horizon 2025, pointant du doigt des « conditions macroéconomiques difficiles ». Tout en s’appuyant sur les synergies du rapprochement, le groupe est pleinement focalisé sur la génération de trésorerie et les cessions d’actifs afin de se désendetter.
Patrick Koller, le directeur général de Faurecia - Romain Gaillard/REA
Patrick Koller, le directeur général de Faurecia - Romain Gaillard/REA

Redonner de la visibilité. Il est peu de dire que la présentation du nouveau plan stratégique de Forvia, le septième équipementier mondial, né de la fusion entre le Français Faurecia et l’Allemand Hella, était très attendue. Entre une valorisation boursière de Faurecia – l’entreprise restant cotée et détenant 80% de Forvia - étrillée depuis des mois et des taux de ses obligations s’envolant en parallèle, le nouvel ensemble renvoyait visiblement une image très risquée de sa situation.

Sans doute faut-il voir un lien entre cette perception fébrile et le financement par de la dette de la transaction finalisée au début de cette année, qui créé théoriquement un risque sur le levier d'endettement, soit la capacité d'une entreprise à rembourser sa dette via son activité. La crainte n’est pas illégitime alors que le marché de la sous-traitance automobile évolue évidemment dans un environnement qui s’est dégradé bien davantage qu’anticipé, dans un contexte de prévisions de récession et de pénurie énergétique et de tensions persistantes sur la chaîne d'approvisionnement. 

 

Abaissement d’objectifs

 

Sans surprise, les nouveaux objectifs communiqués en fin de semaine dernière par Forvia lors de la présentation de son nouveau plan "Power25" sont donc inférieurs à ceux qui avaient été communiqués lors de l’annonce de l’acquisition de Hella en août 2021. Selon cette nouvelle feuille de route, Forvia prévoit d'atteindre en 2025 un chiffre d'affaires d'environ 30 milliards d'euros, une marge opérationnelle supérieure à 7% et un flux de trésorerie net représentant 4% des ventes. De plus, l’entité combinée compte vise désormais un ratio dette nette sur excédent brut d'exploitation (Ebitda) ajusté inférieur à 1,5 au 31 décembre 2025. Par comparaison, Forvia prévoyait à l’origine de réaliser à l’horizon 2025 un chiffre d'affaires de plus de 33 milliards d'euros, pour une marge opérationnelle supérieure à 8,5% et un flux de trésorerie net représentant plus de 5% du chiffre d’affaires, avec un ratio de dette nette sur Ebitda de 1.

Les nouveaux objectifs s’appuient logiquement sur des perspectives plus prudentes en matière de volumes de production automobile mondiale. Le groupe a ramené son hypothèse pour 2025 à 88 millions d'unités, soit 6 millions de moins par rapport à sa précédente hypothèse donnée à l’occasion du précédent Capital Markets Day en février 2021. Une révision à la baisse "principalement due aux conditions macroéconomiques difficiles entre 2021 et 2023", a justifié Patrick Koller, le directeur général de Faurecia.

Pour autant, le nouveau plan de l’équipementier automobile a un mérite, celui "d’offrir davantage de visibilité aux investisseurs sur ses perspectives et la profondeur de son portefeuille produits dans un contexte qui reste, lui, toujours aussi incertain", remarquent les analystes d’Oddo BHF, notant que "sans surprise, les divisions Électronique et Éclairage de l’ex Hella, seront les principaux contributeurs à la croissance". Tous les avantages structurels du rapprochement avec Ella sont d’ailleurs confirmés. Les plus de 250 millions d'euros de synergies de coûts, dont 40 % mis en œuvre à partir de 2023, seront bien au rendez-vous, de même que les 300 à 400 millions d'euros de synergies de revenus.

 

L'important enjeu du levier financier

 

A court terme cependant, le nouvel ensemble va surtout devoir rassurer sur sa capacité à assainir son bilan rapidement. Ce n'est pas un hasard si l'accent du nouveau plan a été mis sur la génération de cash et le désendettement, alors que sa dette nette s'élevait à 8,4 milliards d'euros et représentait 3,1 fois son Ebitda ajusté au 30 juin dernier. Or, l’incertitude macroéconomique signifie que ce désendettement va devoir presque exclusivement reposer sur les cessions d’actifs, et non plus sur la reprise de la production automobile, celle-ci étant décalée dans le temps.

A cet égard, le groupe a confirmé que son plan de cession d'un milliard d'euros serait entièrement annoncé d'ici à l'été 2023 et que toutes les opérations seraient conclues d'ici à la fin de l'année 2023. Une prévision peut-être optimiste. "Il s'agirait d'un véritable exploit dans un environnement aussi troublé, où les fournisseurs sont à court de liquidités et où d'autres sont confrontés à des coûts de financement qui montent en flèche", fait remarquer le cabinet de recherche indépendant AlphaValue.

Selon les calculs d’UBS, le groupe devrait être en mesure de ramener son levier financier à environ 2,6 fois à la fin de l’année prochaine, ce qui ménagerait certes un tampon par rapport au covenant (ou engagements bancaires) de ratio de dette nette sur Ebitda inférieur à 3 qui sera testé à la fin du premier semestre 2023, "mais pas une énorme marge d'erreur", remarque la banque suisse.

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