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Macro-économie / Taux / Surépargne / Zone euro

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Surépargne / Zone euro

Ce surplus d’épargne européen qui pourrait rester dormir

Près de 1 000 milliards d’euros de surépargne ont été accumulés par les ménages de la zone euro depuis le début de la crise pandémique. Des économistes du Fonds monétaire international donnent quatre raisons pour lesquelles cette abondance de liquidités pourrait ne pas être injectée dans l’économie à court terme.
Restaurant à Madrid - PABLO BLAZQUEZ DOMINGUEZ / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP
Restaurant à Madrid - PABLO BLAZQUEZ DOMINGUEZ / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP

C’est un magot dont l’économie européenne pourrait ne guère profiter d’ici peu. Depuis le début de la crise pandémique, les ménages de la zone euro ont accumulé près de 1 000 milliards d’euros de surépargne (les sommes qu’ils n’auraient pas mis de côté si la pandémie ne s’était pas produite) depuis début 2020, sous l’effet de la crise pandémique. Soit l’équivalent de 8 % du Produit intérieur brut (PIB) des Dix-neuf. Malgré le fait que cette épargne soit très liquide (la moitié se trouve sur des comptes courants) et de nature "forcée" (et non de précaution), elle ne devrait pas être injectée dans l’économie européenne à court terme, selon une analyse de Thomas McGregor, Nujin Suphaphiphat et Frederik Toscani, économistes au Fonds monétaire international (FMI)

D’une part, le type de dépenses auxquelles les ménages ont été contraints de renoncer pendant la pandémie n'est pas facile à remplacer. "Près de 80 % de la baisse totale des dépenses en 2020 est due à la diminution des dépenses d'hébergement et de transport. Il est peu probable que les consommateurs puissent un jour compenser tous les vols aériens, séjours à l'hôtel ou repas au restaurant annulés", écrivent les économistes. D’autre part, ce surplus d’épargne a été concentré chez les personnes les plus aisées de la population. Or, "les personnes à hauts revenus épargnent généralement une part plus importante de leurs revenus et sont donc moins susceptibles de dépenser leur épargne".

Par ailleurs, les perturbations affectant les chaînes d'approvisionnement font que beaucoup de ménages peuvent connaître des difficultés à réaliser les dépenses en biens qu’ils désirent. "En raison de la longueur des délais de livraison et de la hausse des prix, il est plus difficile pour les consommateurs de remplacer ce qu'ils auraient normalement dépensé en services par des dépenses accrues en biens (même si cette demande refoulée pourrait stimuler la consommation de biens à l'avenir)", estiment les économistes. Enfin, "la propagation d’Omicron signifie que les Européens pourraient être contraints d'économiser un peu plus longtemps", jugent-ils.

Rappelons que les retombées en termes de croissance et d’inflation pourraient être significatives si ce trésor n’était, ne serait-ce que partiellement, déversé dans l’économie : "si les ménages utilisaient environ un tiers de leur épargne excédentaire pour augmenter leur consommation sur deux ans, par exemple cela ajouterait 2,5 points de pourcentage au PIB et jusqu'à 0,75 point de pourcentage à l'inflation à la fin de la deuxième année", affirment les économistes du FMI.

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