Dirigeants, gouvernance / Vallourec / Elior / Edouard Guinotte / Philippe Guillemot
Dirigeants, gouvernance
Vallourec / Elior / Edouard Guinotte / Philippe Guillemot
Philippe Guillemot débarque chez Vallourec
Le départ de Philippe Guillemot de la direction d’Elior début mars, un jour après avoir été confirmé à son poste, avait surpris. On en connaît maintenant la raison : Vallourec vient d’annoncer son arrivée en qualité de président-directeur général. Il succède, avec effet immédiat, à Edouard Guinotte, pour un mandat de quatre ans.
Ce changement est également une surprise pour le marché. Rien ne laissait présager, du moins de l’extérieur, le départ d’Edouard Guinotte deux ans après sa nomination à la tête du fabricant de tubes sans soudure en acier – à l’époque en qualité de président du directoire, puis de PDG à compter du mois de juillet 2021. D’autant plus qu’il affichait plus de 21 ans de maison. Le conseil d’administration n’a donc pu avoir de mauvaise surprise le concernant.
En outre, Edouard Guinotte a mené la difficile restructuration financière du groupe en 2020 et 2021, qui s’est soldée par une dilution prononcée des actionnaires historiques (Bpifrance et Nippon Steel) et sa prise de contrôle par ses créanciers, en particulier les fonds Apollo et Strategic Value Partners.
Mais c’est précisément l’ancienneté d’Edouard Guinotte qui peut expliquer la décision du conseil de le remplacer. Ce dernier a pu considérer qu’une fois Vallourec restructuré sur le plan financier, il fallait des yeux totalement nouveaux pour mettre en place une restructuration opérationnelle au cours des deux prochains exercices – sans oublier à quel point des négociations financières, dans le contexte qui plus est très difficile de la pandémie, peuvent être usantes. Edouard Guinotte a également à son actif le redressement des comptes du spécialiste des tubes en acier, porté par la hausse des prix de l'énergie : 2021 s’est conclue par un bénéfice net de 40 millions d’euros, après une perte de 1,2 milliard d’euros un an plus tôt.
Le groupe veut désormais privilégier "une logique de valeur par rapport au volume". "Au terme de ce processus, d’ici à la fin de 2023, Vallourec aura été transformée et sera mieux préparée à gérer l’évolution d’un cycle économique complet", indique-t-il dans son communiqué. L’entreprise souffre depuis des années de sa très grande dépendance à l’égard du marché des hydrocarbures.
L’arrivée de Philippe Guillemot correspond à la volonté de sortir des sentiers battus. Le dirigeant cumule en effet une expérience très diversifiée : avant de passer plus de quatre ans dans la restauration collective chez Elior, il a enchaîné des postes de direction dans l’automobile (Michelin, Valeo, Faurecia, Europcar), l’énergie (Areva) et l’électronique (Alcatel-Lucent). Il s’est également fait remarquer en novembre 2019 pour avoir remporté en appel son litige contre Eurazeo (l’actionnaire d’Europcar qui l’avait débarqué en 2012) relatif à l’évaluation d’actions de préférence du loueur de véhicules qu’il détenait - son licenciement pour faute sans droit à indemnités avait lui été confirmé en cassation en 2016.
Si Vallourec a mal débuté l’année 2022 avec une amende de 288 millions de reais (45 millions d’euros) pour "dégâts environnementaux" au Brésil, il compte sur une reprise sur la plupart de ses marchés, en particulier celui des hydrocarbures, dont la flambée des prix est alimentée par la crise ukrainienne.
L’action Vallourec s’adjugeait plus de 4% en milieu d’après-midi.
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