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Vallourec / Philippe Guillemot / New Vallourec / plan stratégique
Vallourec voit la lumière au bout du tube / Le strict 'régime Guillemot' commence à faire ses preuves
Le ton est donné. "Il y a un an, je prenais la direction de Vallourec, dans une situation qui nécessitait des décisions difficiles", entame Philippe Guillemot, président-directeur général de Vallourec. La présentation des résultats annuels du fabricant de tubes sans soudure en acier aura été l’occasion, pour le dirigeant, de faire un point d’étape sur la mission qui lui avait été confiée à son arrivée : celle de réconcilier le groupe avec la rentabilité.
Au travers, notamment, de la mise en place du plan stratégique "New Vallourec". Au programme de la feuille de route s’inscrivent trois objectifs. Ceux de mettre fin aux pertes, de privilégier la valeur aux volumes et de réduire l’endettement. "Aujourd’hui, le plan se déroule comme prévu", se félicite Philippe Guillemot.
Sur les trois derniers mois de l’année, il a en tout cas permis au groupe de voir ses indicateurs de rentabilité s’apprécier. Ressorti négatif sur les neuf premiers mois de l’année, le résultat d’exploitation a signé son retour dans le vert au dernier trimestre de 2022, à 164 millions d’euros. La tendance ne se reflète cependant pas sur l’ensemble de l’exercice, puisque le résultat d’exploitation affiche une perte de 122 millions d’euros sur douze mois, à comparer à un résultat positif de 374 millions d’euros au terme de 2021. Ce qui résulte en partie de coûts non-récurrents liés à l’accident de la mine au Brésil (fermée en début d’année à la suite d’un glissement de terrain). Mais surtout des provisions liées aux plans sociaux européens, justifie Vallourec. En fermant la quasi-totalité de ses usines européennes et plus particulièrement outre-Rhin, le groupe a supprimé 3 000 postes, souligne le P.-D.G. Dont 300 en France. "Les premières vagues de départ ont eu lieu fin janvier ", précise-t-il. "Sur les autres zones géographiques, pas d’autres licenciements de prévu", poursuit Philippe Guillemot. Au titre de 2022, Vallourec affiche ainsi une lourde perte nette de 366 millions d’euros. A comparer au bénéfice de 40 millions d’euros de 2021.
Une organisation simplifiée
Quoi qu’il en soit, l’empreinte industrielle sera désormais "simplifiée", avance le dirigeant. "Les Etats-Unis produisent pour les Etats-Unis, le Brésil pour le Brésil et nous avons une base de production en Asie qui servira l’Asie du sud-est. L’implantation dans le Nord de la France reste par ailleurs très importante pour nous".
Concernant la dynamique commerciale, elle s’est améliorée de 42 % sur l’année, avec un chiffre d’affaires de 4,8 milliards d’euros. L’effet prix/mix y a contribué à hauteur de 25 %, contre un effet volume de 9 %. En ligne, donc avec le deuxième volet de "New Vallourec", soit celui de privilégier la valeur aux volumes. Pas question pour autant de délaisser ces derniers, le dirigeant soulignant une capacité de production pour Vallourec de 1,8 million de tonnes. La capacité reste même "inférieure à la demande de marché, qui va durer de belles années selon nous", anticipe-t-il.
Pour ce qui est de la dernière partie du plan, la réduction de l’endettement du groupe, "le pic de dette nette a été atteint en septembre 2022. Il est maintenant derrière nous", assure Philippe Guillemot. Au terme des douze mois, elle représente 1,1 milliard d’euros, soit 174 millions d’euros de plus qu’en décembre 2021. Le flux de trésorerie disponible reste négatif de 216 millions d’euros sur l’exercice, malgré les 266 millions d’euros dégagés au dernier trimestre. "Nous avons un objectif de zéro dette nette d’ici 2025", prévoit le dirigeant, qui anticipe aussi une génération de flux de trésorerie positif pour l’exercice 2023.
La publication a en tout cas rassuré les marchés financiers. Alors qu’il avait été sévèrement sanctionné à la dernière publication de résultats, le titre Vallourec gagne 6 % ce mercredi, à 14,20 euros.
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