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Feuilleton de l'été / Sarah Dib / Vallourec / New Vallourec / Avocat / Bercy / Saint-Gobain / Linklaters

Feuilleton de l'été
Sarah Dib / Vallourec / New Vallourec / Avocat / Bercy / Saint-Gobain / Linklaters

exclusif Série d’été - ces jeunes talents qui construisent la France de demain / Sarah Dib, secrétaire générale de Vallourec

EXCLUSIF. L’envie d’expérimenter plusieurs vies en une et l’attrait de la nouveauté auront poussé Sarah Dib à raccrocher sa robe d’avocate pour rejoindre le sidérurgiste. Si la manière dont elle appréhende sa carrière professionnelle reflète évidemment sa curiosité, ses choix ont néanmoins toujours suivi un fil rouge bien précis.
Sarah Dib (© Emmanuel FRADIN / Vallourec )
Sarah Dib (© Emmanuel FRADIN / Vallourec )

"Je pense que le grand drame de ma vie, c’est de n’en avoir qu’une seule", sourit Sarah Dib en retraçant son parcours, à l'occasion d'un entretien accordé à WanSquare. Il est vrai que la secrétaire générale de Vallourec peut se targuer, à seulement 36 ans, d’avoir déjà une carrière plus que variée à son actif.

Entre l’avocature, un passage à Bercy, puis son entrée dans le monde de l’industrie, cette Française d'origine libanaise avoue ressentir le besoin de se sentir stimulée en permanence. "Et la nouveauté fait partie de ces stimulations. Il n’y a pas que cela, bien sûr. Je suis surtout guidée par mes valeurs", souligne-t-elle.

Des valeurs qui prennent, d’ailleurs, racine dans l’île de la Réunion sur laquelle Sarah Dib a grandi. "La particularité de cette île est double. La première, c’est qu’elle représente une forme de paradis naturel sur Terre : le fonctionnement de notre environnement et l’impact des activités humaines y sont directement observables. La seconde particularité, c’est qu’il y existe un réel brassage culturel, existant et manifeste, palpable à tous les niveaux. C’est une école de la diversité", explique-t-elle.

 

De la Réunion au quartier latin

 

C’est son admission en classe préparatoire littéraire, au sein du prestigieux lycée parisien Louis-Le-Grand, qui l’amènera à rejoindre la métropole. "Je viens d’une famille de scientifiques, j’étais la première à faire une classe préparatoire littéraire. Mais c’était une vraie passion. J’ai pu y découvrir un monde complètement différent de celui que j’ai connu au lycée et cultiver mon goût pour la littérature et les langues", se rappelle cette germaniste. Mais c’est finalement vers l’Essec que se tournera Sarah Dib à l’issue de ces premières années d’études.

Si son entrée en école de commerce lui permettra effectivement de se former à la finance - qui ne faisait pas partie de ses intérêts premiers - elle y découvrira aussi la matière juridique. "A l’Essec j’ai étudié notamment la finance, l’économie, le management, la comptabilité, la stratégie, et ce sont toutes les implications et les relations qu’il peut y avoir entre ces matières et la société dans laquelle nous vivons qui m’ont plu, même si ce n’était effectivement pas tout à fait relié au monde littéraire dans lequel j’évoluais auparavant. Parce qu’elles sont très concrètes. Les étudier donne de vraies clés pour permettre de comprendre le monde qui nous entoure et pour avoir un impact sur la société dans laquelle nous évoluons. Par ailleurs j’ai eu la chance d’avoir de très bons professeurs, qui m’ont initiée au droit des affaires et au droit boursier. Cela m’a tout de suite énormément intéressée et j’ai donc poursuivi dans cette voie", remarque Sarah Dib. Son intérêt pour le droit se précisera ainsi.

 

Voir à 360 degrés

 

Le barreau une fois obtenu, tout s’enchaînera rapidement. Elle passera successivement, en qualité de collaboratrice, au sein des cabinets Latham & Watkins, puis chez Bompoint avant de rejoindre Linklaters. Le fait d’avoir exercé dans plusieurs cabinets différents lui aura permis, selon elle, "de concevoir la diversité de l’approche qu’il peut y avoir en fonction de leur culture. De ce point de vue, les manières de traiter les sujets, la relation client, le timing ou encore les diligences diffèrent. Tout cela est riche. Je suis quelqu’un d’extrêmement curieux, cela se ressent aussi dans la manière dont j’ai géré ma vie professionnelle".

Elle fera par la suite une pause de neuf mois au sein du cabinet Linklaters, pour rejoindre tout d’abord Bercy, en qualité de cheffe de projet en droit des affaires. "C’était alors l’occasion de travailler pour l’intérêt général, de réfléchir à un projet de loi qui permettrait d’améliorer le traitement des travailleurs indépendants", fait-elle remarquer.

Après quelques mois passés au ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance, elle effectuera un détachement à la direction juridique de Saint-Gobain. Un premier pas dans l’industrie, que Sarah Dib affectionne en ce qu’elle incarne de "concret. L’industrie est ce qui produit, ce qui permet de construire la France et le tissu économique français". Elle retournera par la suite chez Linklaters, pendant près de deux années. Avant de décider de raccrocher la robe pour entrer chez Vallourec, tout d’abord au poste de responsable juridique et secrétaire du conseil d’administration.

 

Suivre le fil rouge

 

Un choix pas forcément évident, admet-elle, lorsque l’on a toujours été avocate. Mais qui a été motivé par plusieurs raisons. Et tout d’abord au regard des valeurs qu’elle prône. Tout en soulignant la gratitude qu’elle a ressenti à exercer son métier d’avocate, elle explique : "J’ai eu le plaisir de discuter avec l’équipe qui m’a recrutée et notamment Philippe Guillemot [le président-directeur général de Vallourec, ndlr] qui m’a présenté le dernier plan stratégique New Vallourec. J’ai été très intéressée par les nouveaux enjeux du groupe dans une période charnière pour lui, qui plus est dans un contexte mondial en pleine évolution, que ce soit sur le plan économique, géopolitique ou climatique. C’est intéressant, pour moi, de rejoindre Vallourec justement en cette période de transition et de construction. Dans ce contexte je peux véritablement apporter ma pierre à l’édifice et contribuer de façon effective aux valeurs du groupe en termes de politique climatique et de diversité. Ces valeurs, que je partage, sont un fil rouge qui motive mes choix de carrière".

Et seulement quatre mois après son arrivée, Sarah Dib fera son entrée au comité exécutif de l’industriel, en qualité de secrétaire générale de Vallourec. En rejoignant l’instance dirigeante, elle espère bien pouvoir réussir à contribuer à ce que l’entreprise prenne, du mieux possible, le virage "New Vallourec".

Sarah Dib s’enthousiasme aussi de la nouvelle approche du droit que lui offre cette carrière en entreprise : "C’est une vision de beaucoup plus long terme de la matière juridique. C’est une nouvelle approche que j’ai envie de vivre. J’ai un peu envie d’expérimenter plusieurs vies en une et effectivement, c’est une nouvelle vie qui commence".

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