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Start-up / Private Equity

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Crédit Agricole Assurances et Axa IM cassent leur tirelire pour l’éolien

Ils ont acquis 25% chacun de la future plus grande ferme éolienne offshore au monde auprès de son opérateur Orsted, investissant l’équivalent de 1,8 milliard d’euros.
Orsted - Hornsea 2
Orsted - Hornsea 2

Le secteur de l’assurance confirme de manière forte son appétit pour les infrastructures, plus encore lorsqu’il s’agit d’infrastructures "vertes". Le pôle assurances du Crédit Agricole et Axa Investment Managers (Axa IM), filiale de gestion d’actifs de l’assureur homonyme, ont chacun acquis auprès du danois Ørsted une participation de 25% au capital de Hornsea 2, qui sera le plus grand parc éolien offshore au monde au moment de sa mise en service (prévue au cours de l’année 2022). Produite par 165 éoliennes, sa capacité revendiquée atteint 1,3 gigawatts, soit la fourniture d’électricité nécessaire à plus de 1,3 million de foyers (le Royaume-Uni s’est fixé pour objectif de produire 40 GW grâce à l’éolien offshore, nécessitant 60 milliards de livres d’investissements). Localisé à 89 km au large du Yorkshire, dans les eaux territoriales du Royaume-Uni, Hornsea 2 s’étend sur 462 km2. Ørsted sera l’opérateur du champ (assurant exploitation et maintenance) pendant 20 ans.

Les termes financiers de la transaction sont à la mesure du projet. Ils valorisent Hornsea 2 à trois milliards de livres (soit 3,6 milliards d’euros), impliquant un investissement de 750 millions de livres pour CA Assurances comme pour Axa IM – ce dernier réalise cet investissement via Axa IM Alts, son pôle de gestion alternative. L’ampleur de l’opération a exigé une structuration financière importante, organisée par Ørsted : la part de dette sera apportée par un financement senior multitranches, accordé par 30 banques. L’une des tranches sera garantie par l’agence danoise de crédit export EKF.

L’intérêt fort des acteurs de l’assurance pour la classe d’actifs des infrastructures s’explique aisément. Contraints de placer les montants gigantesques de leurs engagements de passif, ils sont depuis une dizaine d’années contraints à rechercher du rendement pour contrer la faiblesse des taux d’intérêt, tout en étant contraints, en raison de leurs responsabilités vis-à-vis des assurés, à une sécurité importante. Les assureurs apprécient la stabilité des revenus des infrastructures (qui bénéficient de contrats à long terme signés avec la puissance publique) et le fait qu’il s’agit d’actifs tangibles.

En outre, les infrastructures sont l’un des vecteurs essentiels de la transition énergétique. Les infrastructures vertes sont donc des actifs de choix qui permettent aux assureurs de remplir à la fois les exigences en termes de couple rendement/risque et les objectifs environnementaux – les leurs comme ceux de leurs clients. L’appétit dépasse largement le monde de l’assurance. De manière générale, les investisseurs institutionnels apprécient l’alliance de la sécurité, du rendement et de la décarbonation de leurs portefeuilles, ce qui pousse également les sociétés de gestion vers cette classe d’actifs. "Cette transaction majeure répond à notre volonté d’investir, pour le compte de nos clients, des activités essentielles à faible émission de carbone et d’être un partenaire de choix à long terme pour des opérateurs tels que Ørsted", explique Mark Gilligan, responsable des investissements en fonds propres dans les infrastructures chez Axa IM Alts, qui gère 187 milliards d’euros d’actifs.

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