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Macro-économie / Taux / Marchés financiers / Récession

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Marchés financiers / Récession

ukraine Une zone euro au bord de la récession ?

UKRAINE. L’inflation record liée en partie au conflit russo-ukrainien a provoqué la dégringolade du moral des investisseurs, lui faisant atteindre un plancher depuis l’été suivant le premier confinement, selon l’institut Sentix. Les anticipations sur l’activité économique future sont particulièrement peu reluisantes.
Salle des marchés à Francfort - ARNE DEDERT / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Salle des marchés à Francfort - ARNE DEDERT / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

Le conflit russo-ukrainien fait craindre le pire aux investisseurs pour l’économie de la zone euro au cours des mois à venir, d’autant plus qu’il est accompagné d’une inflation record au sein de nombreuses économies de l’union monétaire, d’après l’enquête mensuelle menée par l’institut Sentix auprès de 1249 investisseurs (dont 266 sont des institutionnels). L’indicateur mesurant leur confiance a chuté de onze points pour atteindre -18 points, soit le niveau le plus faible depuis juillet 2020, mois qui a suivi le desserrement des mesures de restriction un peu partout en Europe.

"Il est clair que plus la guerre durera, plus les coûts économiques seront élevés et plus la probabilité de perspectives défavorables sera grande", a rappelé Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), lors d’une visite à la Banque centrale de Chypre. Les anticipations des investisseurs à ce propos ne sont guère rassurantes. En effet, leur évaluation de la situation économique au cours des six prochains mois a également dégringolé pour s’établir à -29,8 points, un plancher depuis décembre… 2011 alors que la zone euro était aux prises avec la crise des dettes souveraines. "L'économie de la zone euro est donc poussée vers la récession par le conflit ukrainien et les sanctions et incertitudes qui l'accompagnent", explique Manfred Hübner, directeur de l’institut Sentix, qui met en avant les propriétés prédictives de l’indice Sentix.

Rappelons qu’une récession se définit comme une baisse du Produit intérieur brut (PIB) durant deux trimestres consécutifs (en glissement trimestriel). Aux dernières nouvelles, la Banque centrale européenne ne croyait pas à la matérialisation d’un tel scénario. De fait, les économistes de l’institution de Francfort prévoient une croissance faiblement positive au premier trimestre (0,2 % par rapport au trimestre précédent), puis 1 % au deuxième et troisième trimestres, ainsi que 0,8 % entre octobre et décembre 2022. Reste que, ayant sous-évalué l’inflation frappant les Dix-neuf ces derniers temps (de 0,5 point en moyenne entre janvier et mars), ils pourraient avoir également sous-estimé notamment la perte de pouvoir d’achat dont les ménages seraient affectés – les dépenses de consommation des ménages de la zone euro représentent environ la moitié du PIB des Dix-neuf.

Pour contrebalancer cet effet récessif, rappelons que les ménages disposent d’un matelas d’épargne conséquent hérité de la crise pandémique (près de mille milliards d’euros), de quoi leur permettre d’amortir quelque peu le choc. C’est cela qui permettra notamment aux Dix-neuf d’éviter d’entrer en récession, argue Michel Martinez, chef économiste Europe de Société Générale CIB. Un avis partagé par Vincent Chaigneau, directeur de la recherche chez Generali Investments, qui anticipe tout de même "un arrêt de l'activité au cours du semestre d'été".

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