Entreprises / Actions / LVMH / Chine / luxe / Louis Vuitton / Dior
Entreprises / Actions
LVMH / Chine / luxe / Louis Vuitton / Dior
LVMH surprend agréablement malgré la Chine
LVMH est habitué aux records. Malgré un environnement encore perturbé par la crise sanitaire et marqué par le conflit ukrainien, le groupe aux 75 "maisons" de luxe vient de réaliser le meilleur premier trimestre de son histoire avec des ventes de 18 milliards d’euros qui ont nettement dépassé les attentes. Le consensus des analystes FactSet tablait sur un milliard d’euros de moins, à 17 milliards d’euros.
La croissance organique de 23 % enregistrée au premier trimestre 2022 n’a que légèrement ralenti par rapport au quatrième trimestre de l’année dernière où elle était en pleine accélération à 27 %. Comme souvent, la performance est largement liée du dynamisme de l’activité Mode et Maroquinerie, la division phare et la plus rentable, dont la croissance organique a atteint 30 %, Louis Vuitton et Dior continuant notamment à gagner des parts de marché. Ce rythme de croissance a dépassé les attentes les plus optimistes, les investisseurs visant une hausse comprise entre 18 % et 23 % selon les consensus d’analystes.
Dans le même temps, les activités Montres & Joaillerie, Parfums & Cosmétiques et Distribution sélective ont été globalement en ligne avec les attentes, tandis que la division Vins & Spiritueux a légèrement déçu en raison de contraintes d’approvisionnement et de logistique ayant affecté le cognac.
L'atout américain
Outre ses positions de leader dans chacune de ses activités (hormis les montres et les cosmétiques) le groupe a profité de sa répartition géographique équilibrée au cours du trimestre écoulé. "LVMH bénéficie de son rayonnement aux États-Unis, mais aussi en Europe, de loin la zone la plus performante du trimestre avec une croissance de 45 %, ce qui lui permet de relativiser l’impact de l’inflexion de croissance subie en Asie, hors Japon", observe Invest Securities. Les États-Unis, où les ventes ont grimpé de 26 % sur le trimestre écoulé, sont le premier marché du groupe, représentant 24 % de ses ventes totales, "ce qui constitue un atout important en ce moment", souligne un autre analyste. A contrario, l'Asie (hors Japon), où la croissance de 8 % a été moitié moindre qu’au trimestre précédent du fait de la résurgence du Covid, est un sujet d'inquiétude.
Logiquement, tous les regards sont tournés vers la Chine où les mesures de restriction mises en place pour contrer la vague Omicron pourraient enrayer la dynamique de croissance. Si les confinements ne touchent que certaines villes, et en particulier Shanghai, "le trafic baisse également dans d'autres villes car les gens voyagent moins", a souligné le directeur financier de LVMH, Jean-Jacques Guiony, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes. Les répercussions sur les ventes de ces mesures assez récentes ne sont pas encore visibles dans les chiffres, a-t-il ajouté. Leur impact devrait se faire sentir davantage sur le trimestre en cours.
Demande résiliente
Toutefois l’expérience des confinements passés incite à ne pas s’inquiéter outre mesure. "Cela n’affecte absolument pas la demande", a souligné Jean-Jacques Guiony, confiant dans le retour des clients dans les magasins dès que les restrictions seront levées. Le groupe risque de souffrir de la situation dans les semaines ou les mois qui viennent, "en revanche nous n'avons aucune inquiétude particulière quant aux conséquences à moyen et long terme", a-t-il également déclaré.
À court terme, "le scénario optimiste pour LVMH et le secteur du luxe est celui d'une normalisation de la situation du Covid en Chine avant l'été", explique le courtier Stifel. Faute de pouvoir prédire l'évolution de la pandémie, l’avance prise sur les trois premiers mois de l’année par le leader mondial du luxe fournit déjà une sérieuse garantie sur l’ensemble de son exercice 2022.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

