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Le cauchemar continue pour le marché automobile européen
La désaffection des consommateurs européens pour les voitures neuves se confirme – elle s’aggrave même. Selon les statistiques révélées hier par l’Association des constructeurs européens d’automobile (Acea), les immatriculations ont plongé de 18,8% au mois de mars dans les 32 pays recouvrant l’Union européenne, l’Association européenne de libre-échange et le Royaume-Uni : elles sont tombées à moins de 1,13 million d’unités. Si l’on exclut le millésime 2020, plombé par le confinement international lié à la pandémie, c’est le pire mois de mars depuis que l’Acea publie des statistiques en 1990.
Pour donner une idée de la gravité de la situation, les ventes souffrent pour le neuvième mois consécutif. Depuis le début de l’année, la baisse atteint 10,6% (à un peu plus de 2,75 millions), démontrant que la situation se dégrade continuellement : le marché avait reculé de 5,4% en février et 2,4% en janvier.
Même si l’Acea n’évoque pas les causes, celles-ci sont connues : les perturbations des chaînes d’approvisionnement (entre pénuries de composants et goulots d’étranglement dans les ports) ont été amplifiées par la guerre en Ukraine. Le conflit a provoqué l’arrêt des usines locales (qui alimentaient en particulier le marché européen du câblage), conduisant certains constructeurs à suspendre leur production de voitures. Il a en outre alimenté la flambée des prix du carburant et de certaines matières premières. On peut encore citer la hausse du prix moyen des véhicules neufs, en raison de l’électrification des motorisations et de l’augmentation de la part des fonctions électroniques.
Mais il est inquiétant que certaines pénuries ne montrent pas de signe de résorption : alors que les effets de la pandémie semblaient s’estomper, le rebond des contaminations et le confinement brutal de plusieurs mégalopoles en Chine perturbent à nouveau les échanges mondiaux.
Le Royaume-Uni a connu en mars une baisse sensiblement inférieure (-14,3%) à la moyenne européenne, tandis que l’Allemagne et la France se situent autour (respectivement -17,5% et -19,5%). En revanche, l’Espagne et l’Italie chutent lourdement (-30,2% et -29,7%). La Suède, autre marché important, s’effondre de près de 40%.
La désaffection des acheteurs français et italiens ne fait pas les affaires de Stellantis, formé des groupes PSA et Fiat Chrysler. Ses ventes perdent 33%, loin devant Volkswagen (-24,3%), alors que le groupe Renault amortit sa baisse (-14,1%) grâce à Dacia (+16%). Même les constructeurs haut de gamme allemands ne sont pas à la fête : BMW perd 20,5% tandis que Mercedes-Benz fait moins mal (-13,6%). Des principaux acteurs présents en Europe, le groupe coréen Hyundai surnage (+0,5%) grâce à la marque Kia (+10,1%) alors que la marque Hyundai chute de 8,2%.
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