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Entreprises / Actions / Gucci / Bottega Veneta / Balenciaga / Saint-Laurent / Kering

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Gucci / Bottega Veneta / Balenciaga / Saint-Laurent / Kering

Gucci occulte le bon premier trimestre de Kering

Kering a réalisé de meilleures ventes que prévu au premier trimestre, mais Gucci, sa marque phare, a été pénalisée par les confinements sévères imposés en Chine pour lutter contre la résurgence de la pandémie.

Gucci est à Kering ce que Louis Vuitton et Dior sont à LVMH : des marques vedettes dont les performances sont susceptibles d'occulter tout le reste du portefeuille. Kering a connu une croissance soutenue au premier trimestre, dépassant les attentes avec un chiffre d’affaires de près de 5 milliards d’euros (4,96 milliards d’euros), en hausse de 27%. La croissance à périmètre et taux de change comparables du numéro deux mondial du luxe s’est établie à 21%, nettement au-dessus donc des 17% de croissance organique anticipés par le consensus des analystes. Pourtant, la déception est visible sur le marché, l’action Kering chutant vendredi de près de 5%, la reléguant en queue de peloton du CAC 40.

Si les ventes de Kering, dans leur ensemble, ont bien dépassé les anticipations, celles de Gucci en revanche ont déçu. La croissance de 13% à périmètre et taux de change constants enregistrée au premier trimestre par la griffe italienne, pour un chiffre d’affaires de 2,59 milliards d’euros, s’avère en deçà des 18% de hausse anticipés en moyenne par les analystes. C’est l’information que les investisseurs retiennent et c'est "ce qui compte aujourd'hui, avant un deuxième trimestre [qui s’annonce encore] plus difficile", résume Jefferies.

L’explication se trouve en Chine, où les confinements massifs décidés par les autorités pour lutter contre la propagation de la souche Omicron du Covid-19 pèsent sur les ventes. Selon le groupe, environ 40% de son réseau de boutiques Gucci en Chine ont été touchés par les mesures sanitaires de restriction, qu’il s’agisse de perturbations partielles ou de fermetures complètes. Les fermetures totales ont affecté 10% du réseau de boutiques au cours des deux dernières semaines de mars. Début avril, la proportion de magasins fermés est montée à 30%, a indiqué Jean-Marc Duplaix, le directeur financier, lors d’une conférence d’analystes.

Les ventes en ligne ne peuvent compenser le manque à gagner. Même si celles-ci ont progressé pour l’ensemble du groupe au premier trimestre, à 15% du total, les restrictions en Chine sont telles "qu'il est difficile d'avoir une logistique à Shanghai" dans la mesure où "tous les entrepôts sont fermés", a ajouté le dirigeant.

Gucci est fortement implanté en Chine où la marque représente le "luxe grand public", mais où la fréquentation des magasins physiques reste essentielle aux ventes, rappelle Jefferies. Ainsi, alors que "mars a clairement été très mauvais, avril sera pire tandis que mai est incertain", poursuit le courtier. Un présage qui n’est pas de très bon augure pour la rentabilité, Gucci affichant des marges très supérieures à celles des autres marques du groupe, et représentant à elle seule plus de 70% du résultat opérationnel de Kering.

Il est dommage cependant que le cas Gucci occulte les très bonnes performances des autres marques. Saint-Laurent, en particulier, a connu un début d’année exceptionnel, avec un chiffre d’affaires de 739 millions d’euros, en hausse de 43% avec une croissance à périmètre et taux de change comparables de 37%. Bottega Veneta a également été au rendez-vous, avec des ventes en hausse de 21% (16% à données comparables) malgré des bases de comparaison élevées, grâce à de très bonnes performances en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord et au Japon. Les autres "Maisons" du groupe n’ont absolument pas démérité non plus. Leur chiffre d’affaires s’est hissé à 973 millions d’euros au premier trimestre, en hausse de 35% tant en données publiées qu’en comparable. Darcey Jupp, analyste chez GlobalData souligne notamment le "succès exceptionnel" de Balenciaga qui a contribué à augmenter la part des autres maisons à 19,6% du chiffre d'affaires au premier trimestre 2022.

"Bien que Gucci ait déçu, cette déception a été plus que compensée par les résultats de toutes les autres marques", estime ainsi JPMorgan, qui a laissé vendredi ses prévisions de résultats 2022 pour Kering inchangées. Un sentiment partagé par plusieurs autres analystes de la place.

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