Macro-économie / Taux / euro / Monnaie / Dollar / Fed / Banque centrale européenne
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L’euro au plus bas depuis deux ans face au dollar
La valeur actuelle de l’euro ravive des souvenirs désagréables pour les Dix-neuf. Il faut remonter au début de la pandémie en mars 2020 pour retrouver un étiage semblable : le dollar jouait alors à plein son rôle de valeur refuge. Cet après-midi, l’euro a atteint son plus bas niveau depuis le début de la pandémie face au billet vert, en s'établissant à 1,0680 dollar, soit une baisse de plus de 6 % depuis le début de l’année (12 % sur douze mois). Deux éléments principaux semblent se cacher derrière cette baisse de la monnaie unique.
D’une part, les perspectives de croissance économiques de la zone euro se sont nettement plus dégradées qu’aux États-Unis depuis deux mois, sous l’effet du déclenchement du conflit opposant la Russie à l’Ukraine - le Vieux continent, en particulier l'Allemagne, dépend davantage de l’énergie importée de Russie. Pour 2022, le Fonds monétaire international (FMI) a révisé à la baisse de 1,1 point sa prévision de progression du Produit intérieur brut (PIB) des Dix-neuf pour 2022, contre une diminution de 0,3 point pour l’Oncle Sam – les deux économies devraient ainsi respectivement croître de 2,8 % et 3,7 % cette année.
D’autre part, l’euro est victime du découplage entre la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et celle de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui pèse sur l'attrait des actifs libellés en euros. En effet, outre-Atlantique, la Banque centrale est confrontée à une envolée des prix à la consommation plus pernicieuse que celle à laquelle fait face le Vieux continent. Cela devrait conduire l’institution de Washington à remonter fortement son taux directeur : les marchés à terme estiment à 73,1 % la probabilité que le taux directeur atteigne au moins une fourchette comprise entre 2,75 % et 3 % en décembre, peut-on calculer grâce à l'outil FedWatch de CME Group – il s’établit entre 0,25 % et 0,50 % aujourd’hui.
A Francfort, la normalisation de la politique monétaire devrait se faire moins violemment. Une illustration de cette divergence entre les deux Banques centrales est l’écart entre le taux à 2 ans des États-Unis et celui de l’Allemagne (une variable considérée comme reflétant assez fidèlement les anticipations concernant la politique monétaire) : il s’affiche à 240 points de base, un point haut depuis la fin de l’été 2019.
Évidemment, une dépréciation de l’euro ne fait guère les affaires de l’institution de Francfort puisqu’elle est synonyme d’une plus forte d’inflation importée. Pour autant, l'institut d'émission ne devrait pas réagir. Certes, le taux de change est un indicateur qu'elle surveille de près compte tenu des répercussions qu'il peut avoir sur la stabilité des prix, mais il ne constitue pas un objectif en tant que tel.
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