Macro-économie / Taux / Chine / Dollar / Monnaie / Renminbi
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Chine / Dollar / Monnaie / Renminbi
La Chine travaille à la dédollarisation
Depuis de nombreuses années et les sanctions notamment contre l'Iran, le Venezuela, nombre de pays cherchent dans la mesure du possible à trouver des solutions pour échapper à l'hégémonie du dollar. Une tâche compliquée au vu du poids de la monnaie américaine dans les échanges mondiaux. Dans la récente publication de la Banque centrale européenne sur "le rôle international de l'euro", l'institution européenne ne croit pas à court terme que "le renminbi détrônerait le dollar américain en tant que première monnaie internationale".
L'une des principales alternatives évoquées est le fait que la monnaie chinoise peut s'appuyer sur une économie qui représente près de 19 % de la production mondiale. Les rumeurs d'un usage accru de la monnaie chinoise ont ainsi fleuri ces derniers mois. L'idée d'un règlement des importations chinoises d'hydrocarbures saoudiennes dans la monnaie de l'Empire du Milieu avait même émergé.
Néanmoins à Francfort on voit davantage le rôle international du renminbi voir le jour avec l'arrivée d'une monnaie numérique de banque centrale. Depuis le mois de janvier dernier un projet pilote a ainsi été lancé par les autorités locales afin de disposer d'un actif utilisable dans la grande distribution.
Les équipes de Christine Lagarde rappellent également que l'attrait croissant du renminbi peut se retrouver dans "l'inclusion des obligations chinoises dans les principaux indices de référence obligataires mondiaux". De la même façon les flux nets de capitaux en direction de la Chine ont fait fi du Covid : ils se sont maintenus à 147 milliards de dollars il y a deux ans et à 53 milliards de dollars l'an passé.
Le substitut chinois au système SWIFT appelé "système de paiement interbancaire transfrontalier" ou CIPS, a vu dans le même temps son utilisation exploser depuis son lancement en 2015. Les transactions quotidiennes sont ainsi passées de 8 milliards de renminbi à 334 milliards l'an passé.
Toutes ces bonnes nouvelles pour le renminbi ne doivent pas faire oublier qu'il ne représentait que 2,8 % des réserves de change officielles mondiales l'an passé. De la même façon les "obligations libellées en renminbi représentent moins de 1 % du total des émissions d'obligations internationales".
L'invasion de l'Ukraine pourrait faire exploser néanmoins ces chiffres, notamment pour la Russie avec laquelle les liens se sont resserrés. Moscou détenait déjà 17 % de ses réserves de change dans la monnaie chinoise. Le renminbi a certes encore du chemin à faire pour rattraper le dollar, la livre sterling et l'euro comme monnaie de paiement mondiale en valeur. Il a cependant déjà dépassé le yen et est devenu la quatrième unité la plus active.
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