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Atos va moins mal, en attendant plus de visibilité
La quatrième publication financière en quatre mois de l’"ère Belmer" est déjà la moins mauvaise. Après deux avertissements de résultats en janvier puis la publication en février de comptes annuels jugés décevants, le nouveau directeur général arrivé aux commandes du groupe de services numériques le 1er janvier dernier vient de connaître un premier trimestre moins mauvais qu’attendu.
Le numéro deux français du secteur, loin derrière Capgemini, n’a pas enrayé la baisse de ses revenus sur les trois premiers mois de 2022. Son chiffre d’affaires a reculé de 0,6% à taux de change constants et de 2,4% en organique (à périmètre constant). Mais la baisse est moindre qu’anticipé. Les analystes prévoyaient un recul organique de 4% selon le consensus Factset.
"Quoique négative, l’évolution du chiffre d’affaires à taux de change constants s’est améliorée séquentiellement par rapport au quatrième trimestre 2021", a souligné Rodolphe Belmer. Les facturations avaient chuté de 8,9% en organique au dernier trimestre de l’année dernière. Pour le dirigeant, "ces signes encourageants montrent que le groupe commence à recueillir les fruits du plan de redressement énergique engagé en début d’année".
La société ne présente pas encore ses performances selon sa nouvelle organisation en trois lignes de métiers. Difficile donc à ce stade de mesurer l’effet de cette simplification sur sa dynamique d’activité, mais l’effet produit semble positif à première vue. Rodolphe Belmer indique que la performance du premier trimestre a été portée par une amélioration de "Tech Foundations", tandis que les activités Digital et Cybersécurité sont restées "en territoire nettement positifs". Des signaux suffisamment rassurants pour que le groupe confirme son objectif d'une croissance de son chiffre d’affaires comprise entre -0,5% et +1,5% à taux de change constants pour cette année, ainsi que sa prévision d'une marge opérationnelle de 3% à 5%.
Tech Foundations correspond au métier historique de la gestion de l'informatique des entreprises, en déclin structurel face à la montée rapide de l’externalisation des infrastructures dans le cloud. Ces activités matures nécessitent d’importants investissements matériels et d’immobilisation d’actifs. À l’inverse, les activités de services du pôle Digital répondent justement aux enjeux du cloud, du numérique, accompagnant la transformation digitale des clients, tandis que l’activité de cybersécurité, véritable "pépite" à forte croissance et rentabilité, fait depuis plusieurs mois l’objet de nombreuses convoitises.
Malgré les progrès entrevus et la confirmation des objectifs annuels, "la visibilité devrait toutefois rester limitée à court terme", note le courtier Invest Securities. Le groupe a prévenu que le déclin des services IT (technologies de l'information) classique se poursuivrait au premier semestre, "conjugué à la hausse des coûts de personnel et aux perturbations dans la chaîne d’approvisionnement". Le point d’inflexion est visé pour le second semestre, avec un retour à une croissance positive du chiffre d’affaires et une hausse de la marge opérationnelle.
Mais le catalyseur qu’attendent vraiment les marchés sera la prochaine journée investisseur, ou "capital market day" (CMD), afin d’y voir plus clair sur le portefeuille d’activités du nouvel Atos et en particulier les activités destinées à être cédées. Cette nouvelle feuille de route est décalée d’un mois. Elle est désormais prévue pour le 14 juin, au lieu de mai indiqué initialement.
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