Banques / Banque de détail / banque en ligne / FinTech / paiement en ligne / Crise sanitaire
Banques
Banque de détail / banque en ligne / FinTech / paiement en ligne / Crise sanitaire
Les banques de détail françaises sous pression sur les paiements en ligne
La reprise économique se confirme pour les banques de détail en France. En effet, elles ont renoué avec la croissance, l’année dernière, avec des revenus (produit net bancaire-PNB) en hausse de 3% par rapport à 2019, selon la nouvelle édition de l’étude annuelle réalisée par Alvarez & Marsal. C’est mieux que l’année 2020 qui avait enregistré à l’inverse une chute de 3% des revenus. Mais ce n’est pas tout puisque, en 2021, leurs coûts n’ont également progressé “que” de 1%. Un contraste là aussi avec l’année précédente durant laquelle ils n’avaient baissé que de 2%. “Il s’agit d’une bonne nouvelle pour le secteur de la banque de détail car ces résultats prouvent sa résilience et montrent le retour de la croissance des coûts inférieurs à celle des revenus”, se félicite Nicolas Taufflieb, associé chez Alvarez & Marsal et co-auteur de l’étude avec Mark Bennett. Les banques mutualistes ont particulièrement tiré profit de cette croissance grâce à leur modèle de proximité. Ainsi, Crédit Mutuel Arkéa a vu son PNB augmenté de 13% et la Banque Populaire de +7%.
La menace des fintechs
Cependant, selon les auteurs de l’étude et malgré cette embellie, la prudence reste de mise. En effet, le modèle économique des banques de détail françaises reste sous pression. “Le coefficient d’exploitation des banques en France, bien qu’en baisse, reste très élevé à près de 70% contre 60% pour leurs homologues européennes qui ont connu une croissance de revenus de 2% couplée à une baisse des coûts de 2%”, mais cependant un coût du risque qui peut être plus élevé dans certains pays", prévient Nicolas Taufflieb. Par ailleurs, le contexte économique incertain peut représenter un risque pour ces acteurs. “La reprise de la forte inflation va obliger le secteur à faire face à des défis d’ampleur car la maîtrise des coûts est incontournable ”, prévoit Nicolas Taufflieb.
Surtout, les banques de détail sont confrontées à un nouveau danger. “ Les modes de consommation ont changé et de nombreux achats se font désormais sur Internet”, explique Nicolas Taufflieb. Si les néo-banques ne représentent pas une menace, selon l’étude, les fintechs mondiales se positionnent de plus en plus sur le paiement en ligne et le crédit comme le paiement fractionné (Buy Now, Pay Later) et commencent à grignoter sur les acteurs traditionnels une part de marché très significative. Des acteurs disruptifs comme les américains Block (anciennement Square), Stripe, ou l’entreprise néerlandaise Adyen ont déjà conquis près de 15% des revenus du secteur, selon l’étude. Une menace d’autant plus pressante sachant que les paiements représentent près de 25% du PNB de l’activité d’une banque de détail française, et 20% concernant les crédits.
Une nécessaire accélération de l’investissement digital
Dans ce contexte, le maillage territorial des banques via leur réseau ne suffit plus. “Le risque de désintermédiation du banquier sur certaines activités peut devenir une réalité”, alerte Nicolas Taufflieb. Certaines ont, certes, pu racheter des acteurs gênants comme la Société Générale avec Boursorama en 2015 ou BNP Paribas avec le compte-Nickel en 2017 ou, en février dernier, Floa Bank pour un montant de 258 millions d’euros. Mais ce type d’opérations devient de plus en plus en complexe aujourd’hui. “Les nouveaux acteurs sont des leaders mondiaux et ont une force de frappe considérable du fait de leur valorisation qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars, soit parfois bien largement supérieure à celle de certaines banques françaises", souligne Nicolas Taufflieb. Par exemple, la valorisation boursière d’Adyen, créé en 2006, est aujourd’hui comparable à celle de BNP Paribas.
Pour faire face à ce phénomène, les banques de détail françaises n’auront donc d’autre choix, selon les auteurs de l’étude, que d’accélérer leur transformation digitale. Pour cela, elles devront améliorer leur rentabilité et donc travailler sur leur base de coûts... Sont visés notamment les coûts de personnel, qui représentent 60% de leurs dépenses totales.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

