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Société Générale, bénéficiaire, conjure le risque russe
Le premier trimestre 2022 de Société Générale ne se sera pas déroulé sans encombre. De loin la banque française la plus exposée à la Russie via sa filiale Rosbank, la banque rouge et noire a dû composer dans l’urgence avec le risque géopolitique. Elle y est parvenue de manière bien plus efficace qu’attendu. Les résultats financiers des trois premiers mois de l’année de l’établissement dirigé par Frédéric Oudéa montrent que les répercussions de la crise russo-ukrainienne ont été largement amorties.
La banque a fait progresser son résultat net (part du groupe) à 842 millions d’euros, contre 814 millions d’euros un an plus tôt. Une performance très supérieure aux anticipations. Les analystes tablaient en moyenne sur une perte de 53 millions d’euros.
Le conflit entre la Russie et l’Ukraine s’est logiquement traduit par une augmentation du coût du risque, qui a atteint 561 millions d’euros sur le trimestre écoulé (dont 313 millions d’euros de provision sur encours douteux), contre 276 millions d’euros au premier trimestre 2021. En proportion de tous les encours de la banque, ce même coût du risque s’est établi à 39 points de base, contre 21 points de base un an plus tôt.
La vente de Rosbank bientôt bouclée
Claire Dumas, la directrice financière de la banque, a précisé lors d’une conférence téléphonique avec les analystes que les expositions russes avaient représenté "plus de 60% du coût total du risque au premier trimestre". Mais plus pour longtemps. La vente déjà signée en avril de Rosbank et ses filiales russes d’assurance devrait être bouclée dans les toutes prochaines semaines. L’opération aura un coût estimé à environ 3,1 milliards d’euros sur les comptes du deuxième trimestre, dont 2 milliards d’euros de dépréciation de la valeur nette comptable des actifs cédés.
En termes de capital, la vente de Rosbank et de ses filiales a déjà coûté 14 points de ratio de solvabilité réglementaire Common Equity Tier 1 (CET1) au premier trimestre. Il restera un impact résiduel net d’environ 6 points de base à décompter lors de la finalisation de la cession.
Tandis que le cas russe sera bientôt réglé, les comptes trimestriels de Société Générale comportent de nombreux motifs de satisfaction. "Chacune des divisions a enregistré des résultats supérieurs au consensus, tant en termes de bénéfice d'exploitation avant provision que de bénéfice avant impôt", souligne UBS. "L'essentiel de l'écart avec les attentes provient du pôle Global Banking and Investor Solutions", ajoute l’intermédiaire financier.
Des activités de marché dynamiques
La "Banque de grande clientèle et solutions investisseurs" a généré des revenus de 2,76 milliards d’euros, en forte hausse de 18,1% par rapport à un premier trimestre 2021 déjà élevé. En particulier, les activités de marché ont progressé de 20,5%, à 1,8 milliard d’euros, à la fois portées par les activités actions, en hausse de 19,5% à 1 milliard d’euros, et les activités taux, crédit et change, dont les revenus ont grimpé de 21,7% à 767 millions d’euros.
Dans le même temps, la Banque de détail en France a connu un trimestre solide, avec un produit net bancaire en hausse de 8,2%, à 2,2 milliards d’euros, un résultat net en hausse de 48% à 313 millions d’euros, et des encours moyens de crédits en progression de 1% dans les réseaux Société Générale et Crédit du Nord. Par ailleurs, si l'on exclut les activités russes, "la performance de la Banque de détail à l'international est encore une fois très satisfaisante, avec un résultat net sous-jacent d'environ 217 millions d'euros", a souligné la directrice financière Claire Dumas.
D'autre part, alors que les frais de gestion ont dépassé de 8% les anticipations du consensus, s’élevant à 5,33 milliards d’euros, leur croissance de 12,2% a été nettement moindre que celle des revenus de la banque (16,6%), générant un effet de ciseaux très positif.
Quant au rapprochement programmé des réseaux Société Générale et Crédit du Nord dans la banque de détail en France, la majeure partie des coûts de restructuration restants seront comptabilisés cette année, de l’ordre de 350 à 400 millions d'euros sur les 500 à 600 millions d'euros restants, a indiqué Claire Dumas. La fusion juridique des réseaux doit intervenir le 1er janvier 2023.
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