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EDF / Hinkley Point / Sizewell / Hinkley Point C
L’EPR anglais alourdit un peu plus la facture d’EDF
Pour EDF, les ennuis volent en escadrille. Alors que le groupe ne cesse de revoir à la baisse ses prévisions de production nucléaire dans l’hexagone, son projet de construction de deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR (European Pressurized Reactor), au Royaume-Uni, prend de plus en plus de retard.
Le premier réacteur prévu pour être opérationnel sur le site d’Hinkley Point C ne produira pas d’électricité avant juin 2027, a annoncé l’opérateur historique d’électricité en fin de semaine dernière, soit un an plus tard que prévu lors de la précédente mise à jour du calendrier au début 2021. Au total, le décalage du projet atteint 18 mois depuis son lancement en 2016, alors que le démarrage était prévu pour fin 2025 à l’origine. Et il pourrait encore s’accroître davantage. Le groupe évalue à 15 mois supplémentaires le risque de retard sur la livraison des deux unités du site, ce qui décalerait la mise en service à 2028, en supposant l'absence de nouvelle vague pandémique et d'effet additionnel de la guerre en Ukraine.
Les coûts ne cessent de grimper en parallèle. Ils sont estimés à 25 et 26 milliards de livres sterling, en livres sterling de 2015, à un taux de change de référence du projet de 1 livre sterling valant 1,23 euro. "Il s'agit de la quatrième augmentation du budget d’Hinkley Point", pointent les analystes de Jefferies. L’inflation du projet s’élève à plus de 40% en milieu de fourchette, par rapport à la première estimation des coûts de 18 milliards de livres sterling qui avait été faite en 2016.
Ces surcoûts viennent accroître un peu plus la pression financière sur le groupe, qui doit déjà faire face cette année au manque à gagner de 18,5 milliards d’euros lié à l’arrêt de plus de la moitié de son parc nucléaire en France,à cause de la corrosion qui frappe certains réacteurs. La situation de l’opérateur historique d’électricité génère de l’inquiétude, voire du désabusement. "Nous sommes au-delà du ridicule", estime ainsi un analyste, qui appelle à un changement de direction à la tête du groupe, qui pourrait bientôt être (re)nationalisé.
L’EPR n’avait en tout cas probablement pas besoin de cette publicité supplémentaire. En France, les retards accumulés du réacteur atteignent onze ans, tandis que l’EPR finlandais a été mis en service en mars, avec douze ans de retard. Les glissements de calendrier et les dérapages financiers caractérisent depuis longtemps le produit phare de la filière de l'atome tricolore. Ce nouvel accroc ne devrait pas faciliter les négociations que mène le groupe avec le gouvernement britannique pour une deuxième centrale à Sizewell, dans l’Est de l’Angleterre.
Circonstance atténuante, la pandémie de Covid-19 explique l’essentiel des nouveaux délais et des surcoûts. Bien que le projet n’ait jamais été interrompu tout au long de la crise sanitaire, "les personnes, les ressources et la chaîne d'approvisionnement ont été mises à rude épreuve et leur efficacité a été limitée", a expliqué le groupe. De plus, "le volume d'études et de travaux de génie civil, et le coût de ces travaux et en particulier des ouvrages maritimes, ont augmenté", a-t-il ajouté. Par ailleurs, EDF avait évoqué ces risques auprès des analystes lors de la publication des résultats du premier trimestre. De fait, les dernières nouvelles en provenance d'Angleterre, aussi mauvaises soient-elles, avaient été anticipées en grande partie. A la Bourse de Paris, l’action EDF a d’ailleurs gagné 2% sur l’ensemble des séances de vendredi et de lundi.
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