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Le commerce mondial se traîne
Comme attendu, les performances du commerce mondial ne s’avèrent pas particulièrement brillantes durant le premier semestre de l’année. En effet, le commerce de marchandises s’est établi en-dessous de sa tendance récente, indique l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans son baromètre. Ce dernier s’appuie sur des indicateurs en temps réel tels que les commandes d'exportation, le fret aérien international (IATA), le transport par conteneurs, les ventes et la production d'automobiles, les composants électroniques et les matières premières agricoles – s’affichant à 99 points, l’indice se situe 1 point en dessous de sa tendance.
"La reprise attendue a peut-être été court-circuitée par le conflit en Ukraine, qui a débuté fin février et a déclenché de fortes hausses des prix des denrées alimentaires et de l'énergie, qui ont tendance à réduire les revenus réels et à freiner la croissance économique", estime l’OMC qui ajoute que "l'imposition par la Chine d'importants confinements pour lutter contre une nouvelle épidémie de COVID-19 a encore perturbé les échanges et la production".
Dans le détail, les données non lissées (les indices des composantes sont lissés pour minimiser l'influence des valeurs extrêmes, mais cela peut masquer des changements soudains dans les derniers mois) concernant les commandes à l'exportation et le fret aérien sont passées d'un niveau supérieur à la tendance au cours d'une période à un niveau inférieur à la tendance au cours de la période suivante, ce qui laisse présager une baisse plus marquée. En conséquence de quoi, si la crise ukrainienne et les blocages chinois persistent, leur impact pourrait apparaître plus clairement dans les prochaines données.
"Le commerce mondial agit sans direction claire. Bien que les troubles immédiats causés par l'invasion russe de l'Ukraine semblent avoir été digérés, la guerre, les prix élevés de l'énergie et les pénuries d'approvisionnement de nombreux produits empêchent toute dynamique de croissance dans le commerce mondial", explique pour sa part Vincent Stamer, responsable du Kiel Trade Indicator publié par l’institut économique de Kiel.
Pour rappel, en avril, l'OMC avait déclaré prévoir une croissance de 3% du volume du commerce mondial de marchandises en 2022 (contre 4,7% initialement escompté en octobre dernier). La lecture actuelle du baromètre est globalement conforme à la projection d'avril, mais les prévisions sont moins certaines pour le moment et doivent être interprétées avec prudence, a reconnu l’organisation basée à Genève. Compte tenu de sa prévision de croissance du Produit intérieur brut mondial de 2,8% pour 2022, la croissance du volume du commerce de marchandises pourrait être comprise entre 0,5 % et 5,5 %, avait indiqué l’OMC.
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