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Le commerce mondial déchante / Les échanges de biens dégringolent
Le commerce mondial de marchandises traverse une bien mauvaise passe. Symboles du ralentissement économique à l’œuvre partout sur la planète, les échanges de biens – en volume - se sont contractés de 2,1 % lors du quatrième trimestre 2022 (par rapport aux trois mois précédents), d’après les données publiées par le Bureau d’analyse de la politique économique (CPB), organisme gouvernemental néerlandais. A la fin de l’année, la quantité de biens échangés de par le monde est ainsi retombée à son niveau d’octobre 2021.
Du pic (septembre) au creux (décembre) la baisse atteint 3,7 %. “Cela correspond aux baisses observées uniquement pendant les récessions mondiales. En effet, le commerce mondial réel de marchandises a chuté d’environ 2 % en glissement trimestriel au milieu de récessions économiques de grande ampleur en 1982, 1991 et 2001”, rappelle Simon MacAdam, économiste chez Capital Economics.
Dans le détail, les exportations des marchés émergents, avec la Chine en tête, ont été les principales responsables de la faiblesse des performances de l’automne dernier, ce qui reflète une demande d’importation plus faible de la part des économies avancées. Longtemps en difficulté, à cause des pénuries de semi-conducteurs, le commerce de biens de transports, automobiles en l’occurrence, est le seul à avoir surnagé durant le second semestre 2022. A l’inverse, le commerce de matières premières et celui de composants électroniques semblent particulièrement à la peine.
Pour début 2023, les données en provenance d’Asie semblent pointer vers une nouvelle contraction du commerce mondial de biens. En effet, "les exportations et importations réelles du Japon, de la Corée, de Taïwan et de Singapour ont chuté le mois dernier et sont maintenant revenues aux niveaux observés pour la dernière fois en 2020", note Simon MacAdam.
La suite s’annoncerait un peu moins catastrophique. “Si l’on prend en compte la composante des ‘nouvelles commandes à l’exportation’ des enquêtes auprès des directeurs d’achats pour les économies avancées, il semble que cette même composante de l’indice PMI manufacturier mondial aura chuté en février. Même si l’indice devrait rester un peu plus élevé que son plus bas atteint à la fin de l’année dernière, cela devrait indiquer une nouvelle baisse du commerce mondial, mais pas au même rythme qu’au quatrième trimestre”, avance l’économiste.
Le dernier baromètre publié par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ne semble pas dire autre chose. En effet, si les échanges de marchandises évoluent bien en-dessous de leur tendance de court terme (près de 8 %), l’institution basée à Genève évoque un ralentissement de “courte durée”. En octobre dernier, l’organisation avait, du fait des chocs inflationniste, énergétique et monétaire, abaissé de 3,4 % à 1 % sa prévision de croissance du commerce mondial de biens pour 2023, après une progression d’environ 3,5 % en 2022.
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