Macro-économie / Taux / OCDE / croissance / Inflation / Laurence Boone
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L’OCDE prévoit une année 2022 ardue
"Le monde va payer au prix fort la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine", a déclaré Laurence Boone, cheffe économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Pour cette année, le prix s’élève à plus de mille milliards de dollars si l’on en croit les nouvelles prévisions de croissance de l’organisation basée à Paris. En effet, elle a annoncé anticiper désormais une progression du Produit intérieur brut (PIB) mondial de 3% (contre 4,5% en décembre dernier) en 2022.
La faute, en partie, à une hausse des prix à la consommation historique de par le monde. "L’inflation, élevée partout dans le monde, érode le revenu disponible réel des ménages et leur niveau de vie, et pèse en conséquence sur la consommation", a expliqué Laurence Boone. L’organisation escompte que l’inflation atteindra 9% cette année au sein des pays de l’OCDE, un rythme deux fois plus rapide que ce qu’elle prévoyait auparavant. Parallèlement, "l’incertitude pèse sur l’investissement des entreprises et menace d’affaiblir l’offre pendant plusieurs années. Par ailleurs, la politique ‘zéro COVID’ de la Chine continue d’assombrir les perspectives mondiales, freinant la croissance du pays et perturbant les chaînes d’approvisionnement internationales", a indiqué la Française.
Dans le détail, c’est l’Europe qui va enregistrer la plus forte dégradation de sa croissance économique. L’activité économique des Dix-neuf devrait augmenter de 2,6% cette année (contre 4,3% précédemment) . "Cela tient à la hausse plus marquée des prix du gaz en Europe, ainsi qu’aux liens économiques et énergétiques plus étroits que ces économies entretenaient avec la Russie avant la guerre. En 2023, l’embargo sur le pétrole va probablement affaiblir encore la croissance et prolonger les tensions à la hausse sur l’inflation en Europe, avec des conséquences négatives qui se feront également sentir ailleurs", expliquent les économistes de l’OCDE. Le déroulé des évènements économiques depuis le début de l'année conduirait l'Allemagne et la France à voir leur croissance grevée respectivement de 2,2 points et 1,8 point (elles atteindraient ainsi 1,9% et 2,4%).
De son côté l’économie américaine devrait croître de 2,5% en 2022 (contre 3,7% initialement) soutenue par un marché du travail particulièrement tendu (à 3,6%, le taux de chômage est proche du plus bas historique et l’on compte deux emplois vacants par chômeur). La Chine quant à elle pourrait voir son activité augmenter tout de même de 4,4% (contre 5,1% à l’origine) malgré les difficultés rencontrées lors du premier semestre lié à Omicron. "La mise en œuvre de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire et de soutien budgétaire représentant jusqu’à 2 % du PIB cette année devrait contribuer à stabiliser la demande", estime l’OCDE.
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