Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Patrimoine / ménages
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Etats-Unis / Patrimoine / ménages
Le patrimoine des Américains fond
Aux États-Unis, le patrimoine des ménages a connu meilleure fortune. La richesse nette (valeur des actifs ajustée des dettes) des ménages américains a enregistré une baisse de 0,36 % durant les trois premiers mois de l’année, d’après les données publiées par la Réserve fédérale américaine (Fed), soit une diminution de 540 milliards de dollars - elle atteint donc désormais 149 300 milliards de dollars.
C’est une première depuis deux ans : le déclenchement de la pandémie de Covid-19 avait conduit à une contraction de près de 6 000 milliards de dollars de la richesse nette lors du premier trimestre 2020. Avec un patrimoine (non ajusté des dettes, il s'affiche à 167 917 milliards de dollars) composé aux deux tiers d’actifs financiers (115 508 milliards de dollars), les ménages américains ont subi de plein fouet les difficultés rencontrées par les marchés actions et obligataires depuis quelques mois.
Sous l’effet conjugué de la normalisation de la politique monétaire de la Banque centrale américaine, d'une inflation historiquement élevée et persistante ainsi que de la guerre russo-ukrainienne, le rendement des bons du Trésor à 10 ans a grimpé de 60 points de base ce qui s’est répercuté sur les obligations d’entreprise tandis que le S&P 500 a baissé de plus de 5 % durant les trois premiers mois de l’année (une diminution semblable à celle enregistrée par le MSCI World).
Les ménages américains étant particulièrement exposés aux actions, la performance de ces dernières a entraîné une baisse de 2.960 milliards de dollars de leur richesse nette – contre 190 milliards de dollars pour les titres à revenu fixe.
Dans une forme particulièrement éclatante depuis le second semestre 2020, ce qui n'est pas sans inquiéter (la valorisation apparaît historiquement élevée selon certains indicateurs), l’immobilier a pu limiter les dégâts. Les prix de cet actif représentant un quart du patrimoine des Américains (44 117 milliards de dollars) ont progressé de près de 6 % entre fin 2021 et fin mars 2022, selon l’indice Case-Shiller.
La Fed pourrait voir une "bonne nouvelle" dans ces chiffres. En effet, résolue à refroidir l’économie, la Banque centrale pourrait accueillir favorablement ces effets de richesse négatifs en ce sens qu'ils peuvent potentiellement contribuer à influer à la baisse sur la dynamique de consommation des ménages et donc sur l’inflation inédite en quarante ans (8,6% sur un an en mai) frappant les États-Unis. En théorie, la propension à consommer des ménages est d’autant plus affectée négativement que la valeur de leur patrimoine est grevée. Une étude récente du National Bureau of Economic Research (NBER) montrait qu’une baisse de 100 dollars de la valeur des actions détenues provoquait une diminution de 3,20 dollars de la consommation.
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